Beaucoup reste à faire…

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Incontestablement, non seulement en raison de son fort engagement dans la guerre de libération nationale lors de laquelle elle a sacrifié plus de 160 de ses vaillants enfants et autant de moudjahidine, mais aussi en raison de sa population qui s’élève à plus de cinq mille habitants, la grappe de villages dite Tafoughalt dans la commune d’Ait Yahia Moussa attend beaucoup de son développement social et même culturel. “Même de nombreuses réalisations sont à notre actif, depuis la création de notre comité qui compte aller jusqu’au bout de son programme tracé. Nous sommes déterminés à agir de sorte à rattraper tout le retard cumulé durant ces dernières années. Car, notre village a été longtemps marginalisé par les pouvoirs publics avant que notre comité ne voie le jour”, nous déclare M. Sadek Bendali, en sa qualité de président de Tadikli n Tfughalt rencontré devant le foyer de jeunes, non encore opérationnel, bien que son lancement remonte à la fin des années 80. Il nous remettra une déclaration écrite dans laquelle les membres de cette organisation ancestrale regroupant en son sein neuf djemaâs. Au cours de notre discussion, notre interlocuteur ne cache pas tout de même sa satisfaction par rapport au règlement de l’un des plus grands problèmes dont a souffert ce village depuis l’indépendance. “Nous rendons hommage à monsieur Saïd Abbas, directeur de la Direction de l’hydraulique de Tizi Ouzou qui n’a ménagé guère ses efforts pour nous accompagner dans la résolution de ce problème épineux. Si besoin est, je vais vous rappeler que notre village est alimenté en eau depuis une année à partir de la chaîne d’AEP provenant de Draâ Ben Khedda. Un nouveau réseau de distribution est en cours, un réservoir d’une capacité de 500 mètres cubes sera lancé dans quelques semaines au lieu-dit Lamsala”, enchaîne M. Bedali qui regrette tout de même que contrairement aux secteurs sectoriels certaines autorités font “la sourde oreille” à leurs doléances écrites et verbales qui leur sont adressées. “C’est incroyable ! Il y a encore quelques unes qui se jettent la balle ou se déclarent “incompétentes pour justifier leur indifférence. Notre population ne peut plus attendre car beaucoup de promesses ne sont pas tenues”, lance-t-il en colère.

Villages attendent désenclavement

Dans la déclaration qui nous a été remise, on peut lire d’emblée, quarante-cinq ans après l’Indépendance, des centaines de familles souffrent encore du manque de viabilisation. Cette dernière concerne l’ouverture d’une piste de trois kilomètres devant desservir le quartier l’imravdhène à partir d’Achari. “Malgré les nombreuses promesses faites et réitérées à chaque fois par l’APC d’Ait Yahia Moussa et par son administrateur, cette piste n’est pas encore réalisée à ce jour. Est-ce concevable, qu’en 2007, des Algériens n’est pas le droit de bénéficier d’un accès carrossable à leurs habitations qu’ils n’ont pu construire sur les terres de leurs ancêtres après avoir sué toutes leur vie ?”, s’interroge un peu plus loin le président de Tadukli.

Une autre route pour le développement du village

Se trouvant à plus de douze kilomètres du chef-lieu de commune, le village de Tafoughalt, confirme M. Bendali, a besoin de cette route. Celle-ci sera un raccourci, elle ne sera que de 4 500 mètres linéaires. “Par Amalou Ouzidhoudh, notre population se rendra au chef-lieu et évitera le trajet de onze kilomètres lequel nécessite d’ailleurs élargissement et déviations en raison de sa vétusté. Il ne faut pas oublier que cette route c’est-à-dire celle qui relie notre village au chef-lieu de la daira de Draâ El Mizan a gardé le même tracé que celui du temps de l’ère coloniale conçu pour les camions militaires. Alors que le pont d’une largeur de 2,5 mètres ne répond plus aux normes en raison des véhicules de grands tonnages qui l’empruntent”, nous explique notre interlocuteur. Ce dernier nous évoque d’autres commodités tel le réseau d’assainissement qui est une priorité absolue. “Notre village a bénéficié d’un réseau à la fin des années 70. Il est maintenant archaïque. Car, depuis, il y a eu l’extension du village. La construction d’autres habitations demande l’inscription d’un projet important pour cette grappe de villages”, continue d’énumérer toutes les petites misères de ces concitoyens M. Bendali.

Aménagement, revêtement de pistes et places publiques

Les membres du comité nous ont fait savoir également dans leurs interventions que leurs villages attendent toujours avec impatience la programmation d’autres opérations dans le cadre de l’aménagement. “Nous demandons à ce que la piste d’un kilomètre et deux cents mètres vers le carré des Martyrs et la Maison de jeunes doit être prise en charge comme il se doit. Il faudra inclure dans l’opération en cours la bifurcation vers les hameau d’lâssathène, impraticable en hiver et en été”, mentionne un autre intervenant qui ajoute, par ailleurs, les pistes vers Ihmitouchène, Idemmichène et Izaâvadhène, car des fiches techniques ont été élaborées.

Dans la doléances transmises à tous les services, les rédacteurs du document ont relevé l’importance d’autres opérations à inscrire pour leur village.

On citera l’aménagement de quatre placettes publiques, les renforcement de l’éclairage public, des fossés bétonnés pour les eaux pluviales, l’affectation d’un bus supplémentaire pour le ramassage scolaire et la réception du foyer de jeunes.

Le secteur agricole n’a pas été en reste, les membres de Tadikli attendent que les services agricoles lancent la réalisation de la piste

agricole le plus importante à savoir la ceinture (Bouhadj-Ait Abdellah) déjà inscrite depuis des années. Les oliveraies du village ont été entièrement ravagées par les incendies, si bien que les villageois veulent les régénérer, mais l’inscription d’accès devient une condition sine qua non. Pour les jeunes, des locaux commerciaux sont demandés ainsi que la réalisation d’un terrain de football. A ce sujet, M. Bendali nous dira que la position de l’APC reste floue vu qu’elle ne donne aucun signe d’encouragement pour que le comité se mette de la partie. En ce 15 juin, alors que nous terminions ce minireportage, l’association Tasuta Tadelsant n’Tufughalt organise pour la première fois une sortie au Parc zoologique de Ben Aknoun pour les enfants âgés de moins de douze ans, initiative saluée par la population en attendant d’autres activités.

Au moment de redescendre cette route sinueuse qui attend toujours son élargissement et regagner Draâ El Mizan, le président de Tadukli a insisté pour rapporter dans notre édition tous les problèmes que connaît Tafoughlat.

“Le président de l’APC d’Ait Yahia Moussa est vivement interpellé. Le wali ainsi que le P/APW ont été saisis de tous ces problèmes qui persistent dans le vécu du quotidien des citoyens tafoughaltois qui ont pourtant inscrit leurs noms en lettres d’or dans l’histoire de notre chère Algérie.

Vu le cumul de toutes ces situations pendantes, nous nous réservons le droit d’envisager les meilleures voies légales à suivre pour mettre un terme à la situation critique vécue par nos concitoyens”, conclut M. Sadek Bendali.

Amar Ouramdane

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