Jean-Michel Cavalli sur la corde raide

En s’engageant publiquement, au surlendemain de son entrée en fonction, à qualifier les Fennecs à la CAN-2008, Michel Cavalli a fait un pari risqué – et que l’on ne saurait résumer à une simple promesse à 80 %, non tenue. Aujourd’hui, après la débâcle qui a mis en émoi les Algériens après les avoir fait rêver, il est temps de rendre des comptes. Et ce n’est que justice car si, la veille du match, les Verts avaient déjà un pied au Ghana, aujourd’hui, il devient chimérique d’y penser.

De plus, le nombreux public qui s’est déplacé en masse dans l’arène olympique pour soutenir les Ziani and co a dû déchanter. Et rien que pour cela, Cavalli doit se sentir si petit et si prétentieux qu’il devrait songer à prendre le premier vol sans le solde de tout compte. Cet entraîneur de basse classe, venu en Algérie se bonifier, n’a pas l’envergure d’un sélectionneur capable de mener le bateau Algérie au Ghana. Sa méthode de travail, s’il en a une, a de tout temps consisté à faire venir les joueurs évoluant en Europe sans la moindre considération pour ceux évoluant at home. Venant d’un homme qui évoque avec une inconscience ou une complaisance inouïe son parcours, l’exercice passerait pour baroque, s’il n’était si douloureusement démagogique. Or, nous savons qu’avant son débarquement en Algérie, il avait longtemps entraîné une équipe de troisième division avec l’ambition, sans cesse renouvelée, de jouer le maintien. Et lorsque la Fédération algérienne était à la recherche d’un entraîneur de métier capable d’assurer des résultats et surtout faire qualifier les Verts à la prochaine coupe d’Afrique, il ose envoyer son CV et à la faveur d’une discussion avec Haddadj à Paris, il débarque à Alger. Ses ambitions se résument alors à se faire un nom après avoir raté de le faire lorsqu’il tapait dans un ballon. Conclusion : la Fédération trouve en Cavalli un demandeur d’emploi qui a accepté de percevoir le montant limite arrêté par Guidoum ; et c’est ainsi que la fédération lui confie les rênes des Verts avec pour cahier des charges une qualification à la prochaine CAN et, cerise sur le gâteau, une place au mondial sud-africain après une absence jugée humiliante. Aujourd’hui que les Verts devront patienter jusqu’à l’ultime journée des éliminatoires, en septembre prochain, pour se fixer sur leur sort, l’on revient à cette période de doute avec, en prime, une année de salaire de perdu pour le trésor public. L’ex-ministre de la Jeunesse et des Sports, Yahia Guidoum, en refusant de débloquer un salaire mensuel à la hauteur d’un sélectionneur national, a ouvert la voie à toutes les solutions de remplacement. Et Heddadj, pour clore le dossier de l’entraîneur des Verts, n’a eu d’autres choix que de miser sur cet entraîneur, Et, bien sûr, parce que les échéances approchent à grandes enjambées, le boss de la FAF en a tant fait sa très légitime raison d’être qu’elle se retrouve aujourd’hui contestée.

Moralité : Michel Cavalli doit son poste aux circonstances qui prévalaient à l’époque où il fallait un technicien sachant se contenter d’un salaire. Aujourd’hui, que les choses semblent avoir changé avec le départ de Guidoum, la FAF devra revoir ses calculs en prospectant parmi les coaches de valeur pour trouver chaussure au pied de la sélection nationale. D’ici là, gageons que Cavalli parte de lui-même selon le contrat établi entre lui et la Fédération.

Yannis Zafane