l D’après le rapport publié, jeudi dernier, par l’université des Nations Unies de New York, sur les dangers de la désertification et ses conséquences, exacerbée par les changements climatiques, représente « le plus grand défi environnemental de notre époque ».
Pour les experts de l’université des Nations Unies, ce phénomène pose
une « menace imminente à la sécurité internationale », alors qu’un tiers de la
population mondiale, soit environ près de deux milliards de personnes, constitue
dès lors « des victimes potentielles des effets de la désertification ».
Les mêmes spécialistes avertissent qu’en conséquence, ce sont près de
50 millions de personnes qui pourraient être déplacées dans les dix prochaines
années.
En matière de prévention et pour limiter ce grave danger, les auteurs
du rapport préconisent que soient édictées d’urgence des mesures à l’échelle
nationale, régionale et internationale, par exemple une réforme de la
gestion des terres, une interdiction du recours au pâturage excessif, à la surexploitation
des terres, aux pratiques d’irrigations non durables et la mise en place de
nouvelles sources de revenu pour les populations qui habitent dans ces régions.
L’université onusienne souligne d’autre part qu’il faut rejeter la notion selon laquelle « l’aridité et la rareté de l’eau sont des phénomènes
inévitables » et recommande de mieux informer les populations locales et de leur
donner les pouvoirs et les moyens de protéger leurs terres au lieu de poursuivre
des intérêts à court terme.
Le nouveau rapport de l’une des plus actives universités de l’ONU à
travers le monde prévient qu’à défaut de politiques adéquates et efficaces pour
combattre la grave menace que représente pour l’avenir de l’humanité la désertification,
« les gouvernements devront faire face à des migrations de populations en masse »
et à de sérieux problèmes économiques et sociaux, sans compter la perte de productivité
des sols et la dégradation de l’environnement. Le rapport attire aussi l’attention des décideurs sur certaines conséquences
de la mondialisation et de politiques de subvention à l’agriculture, qui peuvent
avoir des effets négatifs sur l’environnement et le développement durable.
Lynda Louifi
