Qui a dit que le livre est vital ?

Le Salon du livre du Hamma, à Alger, a fermé ses portes, après une semaine d’activités, d’exposition et de vente. Le bilan est plutôt maigre puisque cette importante manifestation culturelle n’a reçu que 15 000 visiteurs, moins que le nombre de spectateurs dans un stade pour un match important ou d’un gala donné par un chanteur. Faut-il conclure que l’Algérien que l’on dit «passionné» par les choses culturelles se désintéresse du principal véhicule de la culture, le livre ? Certains diront que la période, le mois de mai, n’a pas été bien choisie, à cause de la préparation des examens, mais on aurait choisi un autre mois, on aurait trouvé d’autres excuses. En fait, si les gens ne se sont pas rendus en masse au Salon du livre, c’est parce qu’ils n’ont pas voulu reluquer des ouvrages passionnants que leurs maigres bourses ne leur permettent pas d’acheter. Certains livres coûtent jusqu’à deux mille DA et plus, des ouvrages de vulgarisation cédés à quatre cents et cinq cent DA, des romans à mille DA, c’est à donner le tournis à tous ces gens qui aiment le livre ! Le livre, qu’on disait autrefois aussi important que le pain est devenu un produit de luxe. Les éditeurs qui se plaignent du coût excessif de la matière première et des impôts, fixent des prix exorbitants, les libraires qui prennent une marge bénéficiaire de 30% sur le prix de vente publique, ne font rien pour faire baisser les prix, l’Etat, qui fait pourtant encore du soutien pour certains produits alimentaires ne veut pas soutenir le prix du livre… Alors, il ne faut pas s’étonner que le lecteur boude le livre… Quand on ne dispose que d’un maigre salaire pour vivre, il est certain que le livre, même quand on en raffole, passe au deuxième plan !

S. Aït Larba