La bavure policière d’Azazga enfin jugée

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Le tribunal criminel près la cour de Tizi Ouzou a rendu, avant-hier, son verdict concernant la triste affaire de la mort du jeune Tarik Aït Saïd (âgé de 19 ans à l’époque) en condamnant le policier mis en cause à 2 ans de prison avec sursis et en prononçant la relaxe pour ses trois collègues. Les faits remontent au 7 août 1996, quand le défunt au volant d’une Mercedes s’est garé devant la maison d’arrêt d’Azazga pour attendre un ami à lui gardien de prison.

Un officier de police (K. Rachid) demande alors à la victime de déplacer sa voiture, mais ce dernier lui expliqua qu’il ne lui reste qu’une poignée de minutes à attendre. Une violente altercation éclata entre les deux hommes. L’officier de police appelle ses collègues pour monter un barrage, quelques mètres plus loin, en vue d’intercepter le véhicule. Craignant de voir les policier s’acharner sur lui, le jeune Tarik fit demi tour mais là, les agents lui tirent dessus. Il sera mortellement atteint et rendra l’âme quelques minutes plus tard.

Lors du procès, les policiers n’ont sans cesse soutenu que leur seul objectif était d’immobiliser le véhicule sans aucune intention de donner la mort. Le procureur de la République avait prononcé un réquisitoire assez sévère contre l’officier et ses collègues et ce, en demandant une peine de 10 ans de prison contre lui (pour avoir donné l’ordre de tirer), et trois ans contre ses subalternes. Finalement, le tribunal se prononça pour une peine de deux ans avec sursis assorti de 5 000 DA d’amende à l’encontre de K. Rachid, et la relaxe pour les trois autres policiers. Dix ans après les faits, la famille Aït Saïd peut enfin faire son deuil : les coupables ont été bel et bien jugés. Un deuil qui leur sera toujours aussi dur à supporter avec ce verdict que certains trouvent “trop clément” envers les mis en cause.

Ahmed B.

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