Inaugurations mais…

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Le mardi dernier, la commune de Yattafen fut marquée par la visite du wali de Tizi Ouzou. Au cours de son bref passage, l’hôte de Yattafen a inauguré le nouveau pont au chef-lieu et un bloc d’extension pour le siège de l’APC qui comporte des salles pour les différents services. Avant le départ du wali vers Ouacif, le premier responsable de l’APC lui a remis un pli de revendications. Ces dernières, d’ordre social, culturel et économique, sans doute soutiendront le développement de la localité. Entre autre la réalisation d’une bibliothèque à l’attente de son équipement et l’aménagement de la salle omnisports à Aït Saâda. Il est notamment demandé l’entretien de la CW11. Ce chemin relie les deux RN 71 et 30 à distance de 11 km. D’autre part, l’environnement n’est pas à l’abri de la dégradation. D’autant que “les rejets des eaux usées des villages limitrophes, Ath Alem et Aïn El Hammam, débouchent à l’air libre sur la rivière. Il faut penser à la création des micro-stations de purifications”, annonce le maire. A noter que cette rivière se déverse au barrage de Taksebt.

Yattafen, commune administrative

La commune de Yattafen est créée le 4 février 1984 dans le cadre de la loi 84-09 portant sur la réorganisation territoriale du pays. Située sur une partie de l’ancienne commune de Tassaft, elle comporte 4 957 habitants (recensement de 1998). Elle est à 12 km à l’est du chef-lieu de la daïra d’Ath Yenni à laquelle elle est rattachée et à 50 km de Tizi Ouzou. Les 1 599 ha qui font la superficie totale de la commune sont répartis sur les trois villages : Aït Saâda, Aït Daoud et Souk El Had (chef-lieu de la commune).

Le manque d’assiettes nuit aux investissements

Qualifiée zone innondable, Yattafen est prisonnière de la rivière qui la borde. En effet, la construction de berges demeure une nécessité à ne pas omettre. “Le handicap majeur est le manque d’assiettes favorables à l’exploitation. Même à la présence de promoteurs, il est impossible de se lancer dans un projet”, a confirmé le maire adjoint. Pour arriver à terme de cette polémique, le wali a donné son accord pour accomplir la protection des berges, mais vu le montant énorme du projet, le travail s’effectuera, probablement en parties. Ajoutant que bon nombre de projets étaient soit délocalisés faute assiette foncière ou complètement ignorés pour manque de terrain. A l’instar de son incapacité de réaliser les 100 locaux dont seront dotés toutes les communes dans le cadre du programme du président de la République. Sur la seconde périphérie du chef-lieu, l’extension d’Amalou Ou Semmoum sera avantageuse mais pas assurément envisageable. Cette pente qui s’ajoute au caractère difficile de la région est d’un sol mouvant. “Nous attendons la réponse du bureau d’études engagé par la wilaya pour nous mettre au travail. Nous comptons terrasser Amalou Ou Semmoum intégralement ou par tranche, selon les moyens. Vraisemblablement, ça va nous offrir une bonne assiette”, ajouta la même source. Aussi, la suppression de la loi relative à l’expropriation est un inconvénient que les responsables n’ont pas cessé de signaler. “Nous avons procédé à la vente de terrains, mais sans bon résultat. Les habitants hésitent devant les prix de domaine appliqués”, explique-t-on. En réponse à la question relative aux réalisations effectuées, le P/APC s’est félicité “nous avons peint les murs et embelli les trottoirs”. Sûrement, c’est un privilège pour le confort des chômeurs condamnés sur la route, une détente morale et un plus long silence. A l’attente de projets plus prometteurs : électricité, château d’eau, route, etc…

Les jeunes, une décoration supplémentaire

Il est désolant de voir des ambitions et aptitudes ainsi oubliées sur le trottoir de l’indifférence. Plongés dans le vide, les jeunes de Yattafen oisifs, en chantier suspendu, partagent l’aire de jeu avec le bétail. Le chômage les épuise, le manque en infrastructure et l’insouciance des décideurs les tue. Il n’y a ni agriculture, ni industrie pour occuper cette population. “L’estimation du chef du gouvernement du taux de chômage à 12% remet en cause les présidents des APC, l’évaluation est complètement fausse. Pour ma part, je n’y peux rien pour procurer des postes de travail à cette jeunesse, c’est l’affaire de l’Etat, je suis juste un P/APC”. Oubliant que cette population qui l’a élu attend de lui des solutions qu’il prétendait assumer durant sa candidature. Concernant l’emploi dans le cadre des AIJ, l’effectif dirigeant de la commune affirme d’une même voix son inutilité. “Travailler pour 3 000 dinars, c’est de l’esclavage. D’ailleurs, sur les 70 postes que nous avons, les femmes sont majoritaires. C’est gênant pour elle aussi bien que pour nous. C’est franchement de l’argent perdu. Il mieux vaut de laisser la somme requise sous la gestion de l’APC, qui saura évaluer ses propres besoins”, affirme-t-on.

A l’exception d’une section de judo et une équipe de volley-ball établies à la salle polyvalente d’Aït Saâda, nulle discipline n’est encadrée. Sur ce point, le maire qui justifia d’abord qu’il a convoqué à maintes reprises les concernés (joueurs de foot) pour les amener à s’organiser en s’abstenant de citer les raisons de leurs désaccords, ajoutant “je n’ai pas que ça à faire”.

A dire que l’investissement de ce potentiel humain, épargne de créations, n’est pas moins rentable.

Mina A.

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