Constitués en front de riposte, sous l’appellation récente de l’Alliance pour la sauvegarde de démocratie( ASD), celle-ci à vite fait de sortir de ses gonds pour porter à la vindicte populaire cette loi scélérate et antidémocratique. Les responsables de partis ont déjà saisi le Conseil constitutionnel pour une éventuelle intervention dans le débat enclenché autour de cette loi, considéré comme une épée de Damoclès sur la tête des » petits partis « .
Contacté au téléphone, Hocine Ali, secrétaire général du Mouvement démocratique et social ( MDS), est revenu encore une fois pour stigmatiser cette » loi liberticide « . » Les arguments avancés par les pouvoirs publics pour comme procédures pour un amendement de la loi électorale ne tiennent plus la route « ,a-t-il fustigé.
Le ministère de l’Intérieur, en évoquant l’objectif » alibi » de combattre la corruption à travers cette loi, ajoute Hocine Ali, n’a qu’à regarder ce qui se passe à l’intérieur interlope des partis au pouvoir, dans un allusion claire aux partis de l’Alliance présidentielle. Pour étayer son argumentaire, il évoque l’exemple de la participation de 600 élus issus du l’ancien parti unique pour la conquête des 32 sièges à pourvoir dans la capitale alors que ce chiffre est de 4500 sur le territoire national.
Ce qui est, de son point de vue, énorme. Continuant son réquisitoire au vitriol, notre interlocuteur a rappelé que les conclusions de la commission de surveillance des élections législatives du 17 mai dernier, que dirigeait Bouchaïr, ont établis une fraude et un trafic de la part des partis au pouvoir. Y a-t-il eu un écho de la part du Conseil constitutionnel ? Rien pour l’instant, constate Ali Hocine. Celui-ci a soutenu que ASD ne compte pas baisser les bras, cela en entamant une série d’initiatives » fortes » pour mobiliser la société sur l’aspect » anticonstitutionnelle et antidémocratique » de cette nouvelle loi.
» Quel que soit la mouture qui sera adoptée, nous allons continuer à nous battre « , a soutenu Hocine Ali. De son côté, Salhi Chawki, porte-parole du Parti socialiste des travailleurs ( PST) a qualifié le projet de texte d’amendement de la loi électorale
» d’opération de diversion » et de volonté » d’interdire l’alternance « . » La coalition gouvernementale a subi un échec cinglant lors des dernières élections législatives. Sept sur huit Algériens n’ont pas voté pour la coalition.
» On veut nous faire occulter la fraude pourtant relevé par la CNISEL « , a-t-il précisé et de s’indigner devant le fait » qu’on demande au petits partis de réunir 83500 signatures alors que le FLN n’a réussi à récolter que 63 000 signatures. « .
Plus loin, il s’est offusqué que les pouvoirs publics leurs demandent « d’avoir 5% des voix des électeurs inscrits alors que le RND et HMS n’ont que 3%. » Des conditions impossibles qui relèvent des douze travaux d’Hercule. Du côté des partis de la coalition présidentielle, les violons sont accordés. Le temps est au discours univoque.
Bougerra Soltani, premier responsable du HMS se dit favorable à ce texte de loi, en précisant que ce n’est pas l’administration qui exclue les partis mais le peuple. » Il y aura pas de dissolutions de partis. Seulement il y aura des seuils définissant les règles de participation « , a-t-il souligné. Même son de cloche au FLN conduit par Belkhadem, secrétaire général du parti et chef du gouvernement. Le chargé de la communication au FLN, Saïd Bouhadja, a considéré » légitime » la réaction des les petits partis.
Cependant, il a invité ces formations, selon lui, à l’origine de pas mal de problèmes, telle la corruption, à travailler davantage au niveau de la base pour acquérir un meilleur ancrage. » C’est le peuple qui exclut « , a-t-il conclu. A noter que les amendements de la loi électorale concerne les articles 82 et 109 définissant de nouvelles modalités de participation aux prochaines joutes électorales.
Hocine Lamriben