La Dépêche de Kabylie

Le juge insiste sur la responsabilité humaine

Le président du tribunal de la circonscription, en l’occurrence Benabdellah Redouane, a rappelé d’emblée que ces assises concernent le jugement de 38 personnes pour les motifs d’homicide et blessures involontaires, trafic dans l’utilisation des matériaux de construction tant en qualité qu’en quantité et le non-respect des normes universelles en matière de construction immobilière. « Les prévenus sont tenus, a-t-il souligné, de se présenter quotidiennement à ses assises qui s’étaleront sur une dizaine de jours ». 45 témoins et 360 autres victimes du séisme y assistent impérativement.

La première affaire programmée hier durant toute la journée concerne « les anomalies constatées dans le projet de construction de 132 logements à Zemmouri » plusieurs bâtisses rappelons-le y ont été balayées par le séisme du 21 mai 2003. Et le premier prévenu, appelé à la barre n’est autre que l’ex-directeur général de l’OPGI de Boumerdès Henni Adda Kamel.

Le juge lui a rappelé mot par mot l’acte d’accusation précité.

L’ex-DG de l’OPGI a répondu qu’il n’est pas du tout responsable des effets de cette catastrophe naturelle. « Celle-ci s’est produite, a-t-il dit expressément, par la volonté et la force de Dieu. « 

Dans un réquisitoire le magistrat a cherché à savoir si le prévenu Henni Adda Kamel, en tant que premier responsable de l’OPGI avait procédé à une étude scientifique du sol avant la construction des dits logements. « Il y a une responsabilité humaine à hauteur d’au moins 60% », a-t-il insisté. Et « il faut la situer, cette responsabilité »

Se sentant acculé, le prévenu s’est contenté de préciser que « sa mission se limitait à la gestion administrative ». Le juge revient à la charge « Si vous avez établi des procès verbaux avec les organismes chargés du suivi et du contrôle des projets de construction, montrez-les ».

Le procureur de la République près le tribunal de Boumerdès demande au prévenu si son rôle en tant que DG de l’OPGI ne consistait qu’à signer des documents et à ne rechercher que l’intérêt.

Pour la même affaire un second prévenu, M. Sameti Hassene a été entendu hier en fin d’après-midi. Quatre autres passeront à la barre. Les motifs d’inculpation sont les mêmes.

Et l’on traitera aussi six autres affaires similaires portant sur des irrégularités ayant entaché la construction de logements.

80 unités immobilières à Dellys pour lesquelles 8 personnes sont impliquées. 20 à Sidi Daoud où quatre personnes sont également tenues pour responsables dans ce procès. La liste des inculpés n’est pas terminée, puisque deux autres personnes seront jugées dans une affaire liée au projet des 102 logements à Corso. Et neuf autres personnes encore, concernant deux projets de même type à Tidjelabine, l’un de 210 logements et l’autre de 20 unités immobilières. Hier une foule nombreuse a assisté au déroulement du procès.

Salim Haddou

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