Une saison en enfer

l L’acte compulsif à faire feu de tout bois – au propre comme au figuré – est devenu un rite périodique immuable, inaugurant le retour de la canicule et de la sécheresse. Depuis des lustres, en effet, l’avènement de la saison estivale rime fatalement avec l’embrasement de nos espaces boisés, qui s’en vont en cendres. Comme si le réchauffement du climat, la pollution et la pénurie d’eau ne causaient pas suffisamment de ravages. Dans la commune d’Ouzellaguen, une multitude d’incendies ont été déjà enregistrés depuis le début de l’été. Le dernier en date est celui du week-end écoulé. Il a éclaté dans une zone montagneuse fortement boisée, réduisant à néant un inestimable patrimoine faunistique composé de buissons, d’oliviers, d’essences forestières et de résineux.

L’enfer des brasiers promet donc de s’installer durablement jusqu’à l’arrière-saison. Le scénario de l’année dernière, qui a vu de longs mois s’égrenner sous les volutes de fumées, des pluies d’escarbilles et les coups de folie du thermomètre, reflue dans les mémoires.

Le panache des soldats du feu est un coup d’épée dans l’eau. La sensibilisation à l’environnement n’est que fariboles. La main pyromane, la folie furieuse de l’homme ont raison de tous les efforts de protection de la nature.

Nacer Maouche