Une centaine de professeurs de l’enseignement secondaire ont décidé de s’en remettre au premier magistrat du pays.Cette ultime tentative de régler définitivement leurs épineux problèmes d’intégration et de régularisation qui se sont installés dans la durée, intervient après avoir épuisé toutes les voies de recours.Ainsi, leur requête qui s’intitule «Demande d’intervention pour recouvrer un droit» résume exhaustivement un profond désarroi tributaire de leur statut d’éternels contractuels, qui dure pour quelques-uns parmi eux depuis plus de huit ans.Ajouté à cela le non payement des salaires recouvrant au moins deux ans d’exercice effectués dans des conditions parfois surhumaines.Signalons qu’avant de s’adresser au Président de la République, ce groupe d’enseignants n’a guère lésiné sur les moyens pour mettre un terme à leur situation des plus précaires.C’est en effet, après avoir constaté l’impossibilité de trouver la moindre solution au niveau de la direction de l’éducation de Béjaïa et le mutisme affiché par les syndicats que ces parias de la société ont décidé de remettre leur sort entre les mains de celui qui, d’après leur déclaration, «prône la concorde et la clémence». Le porte-parole de ce groupe a voulu préciser que «la requête est loin d’être une demande d’un quelconque privilège mais uniquement une invitation à respecter les convenances en vigueur dans les pays qui se respectent».En ce moment, ces enseignants qui portent le titre de contractuels comme une malédiction, s’apprêtent à finir une année scolaire harassante sans le moindre sou ni aucun mérite étant donné qu’il sera mis fin à leurs contrats le 30 juin prochain et leur recrutement en septembre est des moins probables.Un des représentants de ces enseignants nous a tenu ces propos lourds de sens : «Au moment où les instances internationales parlent du travail comme un des principaux droits de l’homme, nous suivons une nouvelle forme d’exploitation ou d’esclavage moderne qui ne dit pas son nom».On peut se demander tout de même quelle est cette loi qui permet le recrutement sur des postes restés vacants dans des zones difficilement accessibles et qui en parallèle, bloque les salaires pour un semblant vice de conformation relevant d’un statut indéterminé, toléré par la tutelle et refusé par la Fonction publique.
A. M. A.
