Les syndicats autonomes s’insurgent

Les syndicats autonomes de l’éducation nationale montent au créneau pour mettre à l’index la décision prise par le ministre de tutelle qui a décidé des sanctions à l’encontre des directeurs des lycées qui ont obtenu de mauvais résultats à l’épreuve du baccalauréat. « C’est absurde de prendre une décision pareille », lâche d’emblée, Osmane Redouane, porte-parole de la Coordination des lycées d’Algérie( CLA), syndicat non agréé. Selon lui, le système d’évaluation des lycées ne favorise pas la qualité de l’enseignement, lequel dépend strictement du ressort des équipes pédagogiques. Poursuivant son réquisitoire, M. Osmane estime que ce n’est pas avec le bâton que le niveau du bac peut être amélioré.  » Même avec les résultats de cette année, le niveau reste moyen. Le système éducatif est peu performant. Cela est dû à de nombreux facteurs, notamment le problème des programmes et la surcharge des salles de classes, etc « , analyse le premier responsable du CLA.

A son avis, seulement 21% de jeunes arrivent en terminale au moment où 51% des cette catégorie a réussi à décrocher le bac.  » Cela prouve que les résultats sont médiocres « , précise -t-il. Il s’est interrogé sur la responsabilité du ministre de l’Education dans cette situation. Pour ce syndicaliste, il est temps de chercher ailleurs les causes de cet échec. M. Osmane n’est pas allée avec le dos de la cuillère pour qualifier  » d’injuste et discriminatoire  » le système de la désignation des directeurs, particulièrement dans la capitale où la cooptation prend le dessus sur la compétence et le mérite. Le verbe caustique, il soupçonne l’inamovible Benbouzid de vouloir faire une diversion en dévoyant les cause réelles de l’échec scolaire. La solution ? Ouvrir un débat avec tous les partenaires à savoir les syndicats autonomes et les parents d’élèves.

 » Il faut liberer les initiatives « , insiste-t-il.

Même son de cloche du côté de la Coordination nationale des professeurs de l’enseignement technique et secondaire, un syndicat récemment agréé.  » La décision est anti pédagogique « , commente Ali Lemdani, secrétaire national chargé de l’information au Cnapest. Et d’indiquer  » que ce n’est pas de cette manière qu’on peut régler le problème, encore moins une solution pour améliorer les résultats du bac.  » Plusieurs facteurs entrent, estime M. Lemdani, dans la détermination des résultats des épreuves de fin d’études secondaires, lesquels diffèrent d’une région à une autre. L’idéal serait, préconise-t-il, de mettre à la disposition des élèves les conditions favorables à leur scolarité.  » Il faut attaquer la mal à la racine « , plaide ce syndicaliste du Cnapest qui invite le ministre de tutelle à surseoir à cette décision. Défendant implicitement les directeurs des lycées concernés par la sanction, M. Lemdani souligne que la responsabilité est générale à commencer par celle de l’administration. Lui aussi recommande d’ouvrir un débat approfondi et responsable avec les acteurs concernées par l’avenir de l’école.  » Il faut aller au fond du problème « , conseille-t-il.

Rappelons à toutes fins utiles que le ministre de l’Education nationale use pour la quatrième fois consécutive de cette manière musclée ; sanctionner les  » mauvais  » directeurs, dans une croyance surannée de faire travailler un peu plus les proviseurs des lycées. La sanction peut aller du blâme, en passant par la rétrogradation jusqu’à la fin de mission.

Hocine Lamriben