Site icon La Dépêche de Kabylie

De nouvelles mesures pour le contrôle des imams

Le ministre du Culte, M. Abdellah Ghlamallah, dans une déclaration à la presse, ce jeudi, a annoncé que le contrôle de l’activité des imams au sein des mosquées sera désormais renforcé. Un contrôle qui s’exercera par le ministère de tutelle en coordination avec toutes les autres institutions de l’Etat. Une initiative qui rentre dans le cadre de « la prévention contre le terrorisme et l’extrémisme », est-il précisé.

Il est ainsi prévu, selon le ministre des Affaires religieuses, de prendre connaissance, s’agissant des postulants à cette activité « sa façon de penser ses penchants intellectuels, et s’il appartient à un quelconque parti politique islamiste ». Par ailleurs, le ministre des Affaires religieuses et Wakfs, tout en assurant que l’imam jouit de toutes les garanties de protection dont dispose la loi affirme néanmoins qu’en cas de faute ou d’infraction de l’imam, celui-ci encourra des sanctions conformément aux dispositions de la loi, ajoutant que tout imam suspect verra son cas traité par le Conseil scientifique selon la gravité de la faute.

Sur un autre chapitre, M. Ghlamallah nie qu’il y ait sur le territoire national une quelconque mosquée qui échappe à la tutelle. « Il n’y a aucune mosquée qui évolue seule « , a-t-il dit à ce propos, ajoutant que son département est en contact avec tous les imams du pays et que, eut égard à leur nombre évidemment très élevé, les entretiens ne durent pas plus de deux heures. Cette prise de conscience de la part des autorités quant à la nécessité de soustraire les lieux de culte à l’activisme et à la propagande intégriste est évidemment louable. Il reste que sans préjuger quoi que ce soit, il paraît aléatoire de prétendre, notamment établir un contrôle réellement efficace sur d’une part un immense contingent d’imams au niveau du territoire national et d’autre part, prétendre maintenir sous sa coupe un non moins grand nombre de structures religieuses que sont les mosquées.

Mais les véritables réserves sur la question tiennent plus du fond que de la forme. En ce sens que en renforçant le contrôle sur l’exercice du culte, les autorités…ne font rien moins, en réalité que d’éloigner de plus en plus toute perspective de séparation de la religion et de l’Etat. Un monopole, ainsi exacerbé qui même s’il a pour louable objectif de faire face à l’activisme intégriste et/ou terroriste, n’encouragerait pas moins la surenchère de l’opposition islamiste de tous bords. Celle-ci se verrait d’autant plus dans son droit légitime de mener sa propagande et son prosélytisme que l’Etat lui-même se réclame comme seul dépositaire de l’Islam. C’est pourquoi, comparé à la perspective révolutionnaire de sécularisation de l’Etat, toute autre mesure s’avère en définitive n’être rien moins que du bricolage sans réelle et durable efficacité.

H.O.

Quitter la version mobile