La Dépêche de Kabylie

Evocation

Lors de notre rencontre avec quelques représentants du mouvement associatif, initiateurs de cette action, nous avons eu l’occasion de nous entretenir avec un proche parent du défunt artiste avec lequel il a passé près de quarante années en France.

Yahia Abdat, car c’est de lui qu’il s’agit, nous a retracé le parcours de Salah Sadaoui. Notre interlocuteur qui n’arrive pas encore à accepter avec résignation la mort de son cousin et de son chanteur préféré, fait le point sur deux visions : une vision familiale et une autre artistique. Pour la première, Ammi Yahia a évoqué les qualités morales de son cousin en disant : « c’était un homme généreux, humain et qui a toujours aidé ceux qui l’ont sollicité ».

C’est à l’âge de cinq ans qu’il a quitté son village natal Tiqsra dans la commune de Ahnif pour s’installer à la Pointe Pescade (Alger). Comme tous les Algériens de l’époque, il émigra en France à la recherche d’un travail pour subvenir aux besoins de sa famille. Il a travaillé en qualité d’accrocheur pendant des années. Quant à la seconde vision, Ammi Yahia la consacre au parcours artistique du défunt. Il nous apprend que Salah Sadaoui intégra un orchestre et joue de la derbouka.

Son talent et son amour pour la musique ont fait de lui en un laps de temps un grand musicien. Touché par la situation que traverse son pays face au colonialisme français, et en compagnie d’un groupe d’amis, il a organisé plusieurs galas artistiques pour apporter une aide financière à la structure du FLN de l’émigration. Il a chanté aussi l’Indépendance de l’Algérie en 1961 avec « ya laâlam », l’hymne « Ma nensa lli fat » et « Hizb thouar ». Après l’indépendance de son pays, le regretté Salah n’a pas admis le déni identitaire dont fut victime la Kabylie ainsi que le régime en place. Il a dénoncé à travers des sketchs et autres chansons l’injustice et les dépassements subis par les militants de la cause amazighe. Ce qui lui a causé des démêlés avec l’Amicale des Algériens en France.

Son engagement pour les causes justes lui a valu la confiscation de son passeport pendant trois mois lors de son entrée au pays. Eteint à l’âge de 68 ans, Salah Sadaoui a laissé derrière lui un riche répertoire qui parlera de lui et qui témoignera de sa personnalité.

M. S.

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