Asif ou Oued Allaghen, qui prend sa source dans le versant sud du Djurdjura emprunte actuellement deux lits avec une bifurcation naturelle en amont à environ deux (02) kilomètres de la Route nationale n°26 qu’il traverse et ravage au moment des fortes crues. Ce qui soulève l’ire légitime des riverains puisqu’il met en danger leurs vies et leurs propriétés. Cela dure depuis des lustres… Voilà que les services publics concernés se réveillent enfin pour le prendre en charge. Une initiative louable. Mieux vaut tard que jamais !
Mais il semble que cette initiative ne fait pas l’unanimité, notamment chez les concernés situés en amont. Un projet de canalisation de cette rivière est dans l’attente de sa mise en exécution en attendant le recours légal prévu par la loi. Une permanence est ouverte à cet effet au niveau de l’APC de Tazmalt, et ce jusqu’au 9 septembre prochain. Un registre de doléances est ouvert à l’attention des riverains, notamment ceux qui devraient être expropriés. Selon un de ces riverains, tous les concernés mettent en doute l’efficacité d’un tel projet et s’opposent ouvertement au tracé prévu. “Le remède sera pire que le mal”, souligne Mohamed A. B. A, lequel, nous explique mieux la situation : “C’est un projet absurde et insensé. Je ne remets pas en cause son utilité mais, à mon avis, au lieu de faire simple, les autorités semblent préférer compliquer les choses… Cet oued a deux lits initiaux : Allaghen et Riquet. Il suffit juste de construire un grand pont au niveau de l’une des deux localités citées. Le problème sera définitivement résolu. Il reste juste à décider de canaliser l’oued sur un seul lit, celui qui présente moins de risques. Mais le tracé prévu nouvellement par les services concernés, prévoit de créer un troisième (3e) lit officiel. Il s’agira désormais de l’oued Allaghen détourné ! N’est-ce pas absurde ? Combien de terres agricoles et d’oliveraies faudra-t-il encore sacrifier ? Combien de maisons seront-elles détruites et des milliers d’hectares de terres perdus à jamais sans oublier l’environnement qui prendra un sérieux coup ! L’on se demande pourquoi cet acharnement inutile contre la nature !”, s’indigne-t-il.
Concernant les raisons de ce choix, il existerait selon nos informations un plan de l’oued qui remonterait aux années 30. Ledit plan retracerait le lit initial de cette rivière, ce qui ne veut rien dire aux yeux des riverains. Même les Domaines se seraient opposés à ce nouvel itinéraire qui traversera toute une oliveraie. “Cette importante surface pourrait servir à l’avenir à la construction de grands projets, d’autant plus que la commune de Tazmalt manque de terrains constructibles”, nous fait remarquer un autre riverain, avant de renchérir : “Ce nouveau tracé ne fera que déplacer les problèmes et leurs conséquences dans un endroit. Autant les laisser à leur place initiale!”.
Toujours est-il que la situation risque de se corser davantage, étant donné que les riverains s’organisent pour défendre leurs droits qu’ils estiment inaliénables et ne comptent pas rester à l’état de constat. Il n’est pas exclu qu’ils engagent une action en justice si les pouvoirs publics campent sur leur position actuelle. Ils se disent par ailleurs disponibles à trouver des solutions adéquates qui arrangeraient tout le monde. “Ces solutions sont réelles et tout à fait plausibles”, selon D. A.
A. R.
