Depuis 2003, le cirque Il Florilegio se produit assez fréquemment dans plusieurs wilayas du pays à l’instar d’Alger, Tiaret, Chlef, Constantine, Béjaïa et Tizi-Ouzou, mais ce n’est que depuis le 27 août qu’il donnera des représentations à Bouira, et ce jusqu’au 7 septembre. Le cirque Amar ou Florilegio, de renommée mondiale, n’est plus à présenter, mais à Bouira plus que partout ailleurs, le grand public est longtemps resté sur sa faim en matière de spectacles de ce genre. D’après le directeur du cirque Max Togni, Bouira est une des seules villes kabyle, où il n’y a pas eu de représentation. Tout d’abord, le directeur qui a consenti à nous consacrer quelques minutes de son précieux temps, explique que le spectacle offert à Bouira est de qualité identique à ceux présentés en Europe. «Le cirque Amar est un nom qui fait écho dans la mémoire collective des Algériens, et ce en hommage au célèbre Ahmed Ben Amar lequel avec ses fils, a réussi le tour de force de créer un des plus grands cirques d’Europe», dira
M. Togni, de la sixième génération des Togni. Concernant les tarifs jugés de prime abord excessifs, le responsable précisera qu’en Europe, les prix pratiqués sont beaucoup plus chers qu’en Algérie : «Les places qui valent ici 200 DA sont tarifiés en Europe à 15 euros, celles à 900 DA équivalent à 35 euros, donc inutile de dire que les prix sont inabordables». Sous le chapiteau d’une capacité de 1 500 places, érigé après 20 heures de travail et où tout le monde met la main à la pâte. Impossible de reconnaître les équilibristes, les trapézistes, les dompteurs, les motards et encore moins les clowns. Personne n’a le temps de discuter, il faut que tout soit fin prêt pour la représentation de 18h00, avant celle de 20h30. Deux représentations dans la soirée, et pour cause, la chaleur de la journée ne permet pas de faire travailler les animaux. Tigres, lions, crocodiles, chevaux, poneys, serpents et pour la première fois en Algérie, un hippopotame sont dans la ménagerie du cirque. Des animaux qui sont très choyés par les soigneurs et dompteurs. Aucune négligence n’est permise, les serpents, parmi lesquels des cobras et des pythons sont dans des vivariums aérés ; l’hippopotame se prélasse dans un vaste bassin, les poneys et chevaux se reposent dans leurs parcs, les lions et les tigres sont dans leurs cages très propres, et les crocodiles sont cloîtrés dans un endroit sécurisé. Notre interlocuteur soulignera que sur les 100 personnes (artistes, techniciens, personnel d’accueil, caissiers, gardiens et administrateurs) 50 sont des Algériens. Il faut dire que les 30 semi-remorques, les 50 containers sont impressionnants à voir surtout lorsqu’ils forment plus d’un kilomètre de convoi. De la tournée 2006, il ressort que près de 300 000 spectateurs ont assisté aux spectacles du cirque avec pour retombées plus de 20 millions de dinars reversés à l’Etat sous forme de diverses taxes et impôts. Avec plus de 90 millions de dinars investis en Algérie, avec près de 30 millions de dinars versés à des entreprises algériennes (bateaux et transports routiers) et avec le recrutement de 50 Algériens, il n’est pas impossible d’aboutir à un transfert progressif du savoir-faire des personnels nationaux formés aux métiers du cirque.
Notons, enfin, que dans chaque wilaya où se produit le cirque, en partenariat avec les associations caritatives et les services sociaux, des spectacles sont offerts gratuitement au profit d’enfants issus de familles démunies, personnes handicapées ou malades. Déjà plus de 20 000 personnes défavorisées ont pu, deux heures durant, découvrir la magie et la fantaisie que procure le cirque.
Hafidh B.
