Le visiteur non averti dans certains villages et hameaux de la commune d’Ath Laâziz constatera sans nul doute que la population vit toujours au Moyen Age. Et pourtant cette dernière s’est sacrifiée pour le recouvrement de l’indépendance de l’Algérie. Certaines commodités les plus élémentaires, sont pour ainsi dire, inexistantes. A commencer par l’un des plus épineux problèmes, la pénurie de l’eau potable. En effet, cette crise continue de défrayer la chronique dans cette localité et de nombreux villageois se plaignent quotidiennement de l’absence de ce précieux liquide. Certains continuent de parcourir de longues distances pour chercher de l’eau. Que se soit l’achat des citernes à partir du chef-lieu de la wilaya de Bouira où chez les voisins, puisque dans certains villages, la distribution d’eau est faite de manière aléatoire. A chaque fois que nous nous déplaçons dans quelques hameaux de ladite commune, des citoyens ne cachent pas leur colère, tout en dénonçant les autorités locales qui, selon eux, auraient “marginalisé les villageois”. Et pour preuve, la réalité est bien là sur le terrain. A titre d’exemple le village d’Ivoughardanen. Cette bourgade, située au sud du chef-lieu, est complètement oubliée. Un habitant rencontré sur les lieux nous parle de la pénurie d’eau qui persiste dans tous les foyers de leur village. A ce propos, il nous a confié : “Nous avons droit à 20 litres par jour.” Il convient de noter que ce problème trouve son origine dans la mauvaise distribution et la défaillance des canalisations des principales sources. Soulignons que la région d’Ath Laâziz est riche en matière de sources. Malheureusement ces fontaines sont livrées à elles-mêmes et l’eau se déverse dans la nature. C’est vrai, une source d’eau n’est qu’une source naturelle, et l’eau doit s’écouler à ciel ouvert mais il ne faut pas laisser les villageois privés d’une goutte d’eau. El Anasser, Thala bumrig, Thala bugnni, Thala el Melh, Thala oullili, Amrig usanun sont la plupart des points non exploitées à ce jour. Notons que les villages d’Ath Laâziz sont alimentés à partir d’un seul point d’eau à savoir celui d’Alnasar. Cet endroit est situé entre les deux communes de Boghni et d’Ath Laâziz, regorgeant d’eau naturelle.
Par ailleurs, la localité la plus mal desservie en ce précieux liquide est celle d’Ighil Bdoumouren qui regroupe plusieurs hameaux avec une population dépassant les 5 000 âmes, à savoir les villages de Idjemaâthen, Ighachamen, Iguerrachen, Ibousatathen et Ath Khelouf. Notons que l’ancien exécutif communal avait réalisé deux forages pour alimenter ces populations mais l’eau ne coule toujours pas dans les robinets. Un citoyen a annoncé “l’eau n’arrive qu’une fois tous les mois”. Les raisons avancées par les uns et les autres diffèrent, mais la souffrance des familles d’Ighil Bdoumouren demeure. Par ailleurs, un autre problème accentue la vie déjà difficile des habitants de la circonscription d’Ath Laâziz, c’est celui des pistes et de l’impraticabilité des chemins. Certains villages tels que Semman, Ivoughardanen et Ivarvaren demeurent, à ce jour, coupés du monde pour défaut de pistes aménagées. Même lorsque des pistes existent, leur état est lamentable. Elles sont boueuses en hiver, poussiéreuses et cahoteuses en été. Comme c’est le cas dans les villages de Chekouh, d’Ihambarken et d’Imbarken, une simple virée sur les lieux renseigne le visiteur sur l’état déplorable des conditions de vie des habitants.
Ces derniers affirment que pour acheminer des matériaux de construction ou des sacs d’olives en saison oléicole, ils sont contraints de les porter sur leurs dos où d’utiliser des bêtes de somme. Il est bon de rappeler que ceux qui souffrent le plus de cet état de fait, ce sont bien les habitants d’Ibourassen et ce, du fait que leur village soit implanté sur les hauteurs d’une colline. Cet enclavement dû à l’absence totale de chemins et de pistes aménagés et menant à ce village, obligent les familles qui y vivent à parcourir des kilomètres à pieds avant de rejoindre les arrêts de transport situés au village Ifhoudhien. Heureusement que le chemin menant vers cette localité, celui desservant Iâalwachen sera pris en charge par un bitumage en tapis. En somme, la vie à Ath Laâziz est très dure, la population, près de 15 000 âmes, attend impatiemment des jours meilleurs.
Amar Fedjkhi
