Les citoyens revendiquent un bureau de poste

A chaque fin de mois, les mêmes scènes reviennent inévitablement. Les guichets de la poste de Ain El Hammam sont pris d’assaut et pendant une semaine, quelques fois plus, la foule y est si dense qu’il est difficile de se frayer un passage, ne serait-ce que pour acheter un timbre ou régler une facture. Les usagers venus des communes limitrophes sont les premiers à être pénalisés, puisqu’ils doivent se déplacer, parfois, sur une dizaine de kilomètres pour effectuer un retrait d’argent de leur compte CCP. Pourtant, des agences postales existent au niveau d’Ait Yahia comme à Ath Bouyoucef ou ailleurs.

Des résidants d’Ath Bouyoucef rencontrés à Ain El Hammam, n’arrêtent pas de se plaindre et d’attirer l’attention des responsables d’Algérie Poste sur la situation de l’agence postale de leur commune. Celle-ci est loin de répondre aux attentes des usagers des neuf villages qu’elle est sensée prendre en charge. « Si les autorités ont décidé d’ouvrir une agence pour, seulement la distribution du courrier, il aurait mieux valu économiser les deniers de l’Etat pour des projets plus profitables », disent la plupart des citoyens qui ne font, de toutes façons, pas l’économie d’un déplacement sur Ain El Hammam, à huit kilomètres, pour des retraits d’argent. L’agence d’Ath Bouyoucef, n’étant pas dotée d’un terminal et par conséquent ne possédant pas de visu, les clients éventuels évitent de s’y rendre, lui préférant la poste de l’ex-Michelet où ils peuvent avoir accès à plusieurs services à la fois. « Ils devraient la développer, même par souci de rentabilité, pour en faire un bureau de poste habilité à effectuer toutes les opérations », nous dira Mohand un élu de la localité. Le même problème se pose à Ait Yahia pour une population de plus de vingt mille habitants. Lorsqu’en fin de mois les titulaires de CCP, résidant dans les trois communes, convergent vers Ain El Hammam, le bureau de poste local se trouve submergé, faisant d’une simple opération de retrait une corvée, Ath Bouyoucef, comme Ath Yahia possède beaucoup de fonctionnaires et de retraités auxquels on impose des déplacements de plus de quatre kilomètres et, surtout, une perte de temps d’une demi-journée, parfois plus. Ces agences ouvertes au départ pour se rapprocher des citoyens, tout en désengorgeant les postes des chefs-lieux devraient évoluer et assurer d’autres missions que celle de la distribution du courrier. Depuis que les CCP sont devenus incontournables pour les fonctionnaires, la dotation de ces structures en matériel adéquat, devient inévitable. Les usagers gagneraient du temps tout en désengorgeant le bureau du chef-lieu exigu et manquant terriblement de personnel. Algérie Poste est donc interpellée pour répondre favorablement aux doléances de sa clientèle et soigner, ainsi, son image de marque.

Nacer B.