Le malheur de ce club a débuté l’année passée où pas moins de 6 joueurs sont allés rejoindre l’équipe de Beni Ourtilane qui leur a attribué un salaire. Au RCS, ils n’ont même pas bénéficié du filet social qui leur a été promis pourtant par les dirigeants à la signature du contrat. Pour palier ce départ de plusieurs joueurs de talent, les dirigeants Seddoukois appliquant l’adage « à défaut de grives, on se contente des merles », s’étaient rabattus sur des jeunes de quartiers sans expérience. Certains n’ont jamais foulé la pelouse d’un stade. Ces jeunots ne bénéficiant quelquefois même pas d’un repas, jouent le ventre creux, et malgré tout, avouons-le, ils se dépensent sans calculer et mouillent bien le maillot avec un seul objectif : faire un bon résultat. Mais en vain. Ils ont à faire à des équipes coriaces dont les effectifs sont aguerries et stables. Pis encore, après le départ du coach Bounzou, durant toute la phase retour, les joueurs sont livrés à eux même, le club a fait appel à des bénévoles. Plusieurs fois, on a constaté sur le banc de touche l’absence d’entraîneur même occasionnel. Ce sont des personnes anonymes qui guidaient anarchiquement des joueurs qui ne savaient même pas à qui obéir. Le résultat était catastrophique pour toute la saison. L’équipe n’a pas quitté le poste de lanterne rouge, ce qui a fait qu’elle a dégringolé au finish au pré honneur de la wilaya de Bejaia. Ce club qui a de tout temps été une école de football parmi les plus illustres des écoles de la haute vallée de la Soummam et qui a formé des générations de joueurs qui ont fait son bonheur dans le passé et celui d’un grand nombre de clubs de la wilaya de Béjaïa, de mémoire d’homme une telle crise qui l’a emportée dans son sillon.
Abandonné par les dirigeants seuls responsables de ce marasme et les autorités locales dépassées par les problèmes d’un club, un patrimoine qui appartient à tous les Seddoukois. Ce club est en voie de disparition. C’était le seul loisir et la raison d’être de la jeunesse qui ne vit que pour le football. Cette disparition tragique a emporté dans son tourbillon le rêve de milliers de Seddoukois, notamment les adeptes du club, qui ont l’habitude de se rendre au stade pour encourager leur club fétiche avec des tambourins et des chants, faisant de chaque rencontre une vraie fête de football. N’est-il pas urgent pour les autorités de tirer la sonnette d’alarme ! Du côté de l’APC, à une question de savoir si la municipalité fait quelque chose pour sauver le club, le premier adjoint, Mouhoubi, nous a répondu que son staff a saisi le responsable du comité communal des sports pour la tenue d’une assemblée générale du club. « Nous avons saisi le CCS pour une AG extraordinaire où seront remis les bilans de fin d’exercice approuvés comme éxigé par la réglementation pour l’octroi de la subvention », dira ce responsable. Le comité du club a été disloqué et il n’en restait que le président du club en l’occurrence Mohand Kebbi. A une question que nous lui avons posé s’il est dans ses intentions d’engager le club, il répond bonnement qu’il reste dans l’attente de recevoir les bilans déposés pour approbation au niveau de la DJS. « Je ne peux engager l’équipe sans la réception des bilans approuvés par la DJS de Bejaia », fera-t-il remarquer. Le seul qui a été peut être direct et franc était sans nul doute, le soigneur du club qui a répondu sans ambages que « seules les petites catégories ont été engagées cette saison, l’équipe seniors a été mise en veilleuse ». Enfin l’espoir réside dans Bounzou, l’ex coach et enfant du club qui affirme être optimiste quant aux chances du club d’être sauvé en extremis. « Si les dirigeants actuels provoquent une réunion, il y aura toujours des hommes qui reprendront en main l’équipe et tenteront de la remettre sur selle », dira-t-il avec une note d’optimisme. Ceux qui payeront les pots cassés restent indéniablement les jeunes Seddoukois amoureux du football. Sans autres distractions, les poches vides, il ne leur reste que la télévision pour regarder les matchs. Ainsi à la misère sociale, s’ajoute un manque de loisirs pour eux. Voila le sort auquel ils sont voués, mais à qui la faute ?
L. Beddar
