Apparemment trop pris à régler les dernières formalités nécessaires pour la création de la société de…taxis – ce n’est pas une plaisanterie et je l’ai déjà évoqué dans cet espace- qui sera gérée par les Waqfs, le ministre des Affaires religieuses n’ a pas vu venir cheikh Amine, pourtant sorti tout droit de son ventre. L’imam de la mosquée de l’Apreval, qui serait derrière l’endoctrinement des jeunes kamikazes qui se sont déjà fait exploser et de tous les autres candidats en attente de l’honneur d’une mission, n’est pas seulement » payé sur l’argent du contribuable. » Comme tous ses collègues, il est censé avoir satisfait aux critères de sélection, synonyme de bénédiction morale et professionnelle qui le mettent à l’abri du soupçon, étant entendu que le terrorisme est » étranger à l’Islam » dont les représentants officiels détiennent l’exclusivité de l’incarnation. Le ministère du culte est tellement sûr de la solidité de la formation de ses imams et de leur étanchéité aux “idées extrémistes” qu’il est resté sourd aux multiples plaintes des habitants de ce quartier de Kouba qui se sont inquiétés de la nature des prêches de cheikh Amine.
Déjà qu’il n’y a pas beaucoup de citoyens à s’angoisser pour si peu, alors quand il arrive que ça arrive, il y a très peu de chances que ce soit dans le cabinet de Ghlamallah qu’on se précipitera à faire quelque chose.
On ne précède pas le pire en accablant ses ouailles, on attend qu’il arrive – et encore- pour dire qu’on ne pouvait pas savoir et surtout qu’il ne faut pas généraliser. Ceci dans le meilleur des cas, quand le ministère se sent obligé de s’exprimer, car cette fois Ghlamallah trouve même qu’ » il n’y a pas de dépassement, mais des problèmes dans certaines mosquées » dus essentiellement au niveau de ceux qui y officient. C’est donc aussi simple : nos imams sont au-dessus de tout soupçon du fait de leur compétence et de leur moralité quand ils intègrent la » corporation » et de faible niveau quand l’un d’eux est arrêté pour apologie du terrorisme et incitation au djihad.
L’honneur de » la maison « est sauf et ça permet même d’exiger des moyens plus consistants qui permettent de » recruter des universitaires » et de se lamenter face au manque d’enthousiasme des » intellectuels qui rechignent à aider la mosquée dans sa noble mission « . Voilà l’essentiel des propos du ministre des Affaires religieuses sur la question.
Pas un mot sur le terrorisme, ni ceux qui y appellent, pas un mot sur cheikh Amine arrêté pour les raisons que l’on sait, ni sur son » collègue » de Mostaganem de la même veine qui serait encore en » activité « .
Faut-il pour autant s’en étonner ? En tous cas Ghlamallah ne nous donne aucune raison de le faire, puisque parmi les perles de sa conférence à la Bibliothèque nationale, il y a celle-ci : » Il y a des lois dans ce pays, et personne ne peut les violer, en utilisant les mosquées à des fins personnelles dont ces établissements n’ont pas la vocation… » Et cheikh Amine alors ?.
S.L.
P.-S. : Grand érudit, universitaire, charmeur, apaisé, maîtrisant l’arabe, le français et le kabyle-cheikh Mohamed Said a terminé chef du GIA avant d’être abattu par ses pairs dans un règlement de compte interne. Il officiait à la mosquée de Chevalley.
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