L’Aïd arrive… les municipales aussi !

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L’Aïd est à nos portes. Les élections aussi. Le parallèle peut paraître insensé, mais les deux évènements partagent bien d’insoupçonnables points en commun. Alors que les petites gens s’affairent encore à gérer leurs salaires (dérisoires) et à surveiller leurs quotas en bourse des “hassanat” en ce mois sacré, les partis politiques et certains indépendants sont absorbés, quant à eux, dans d’intenses manœuvres partisanes. L’objectif des uns comme des autres étant de se préparer convenablement pour le grand rendez-vous : le 1er pour les “jeûneurs”, le 29 novembre pour les “faiseurs des listes”.

A Tizi Ouzou, ces agitations électorales se font toujours discrètes. La chose s’effectue présentement de bouche à oreille tout en prenant le soin (évidemment) de ménager les suspicions et gérer les ambitions des candidats potentiels. En plus clair, la confection des listes électorales pour le prochain scrutin local a bel et bien commencé à Tizi Ouzou et dans la majorité de ses 67 communes. Certes, l’on en est pas encore aux démarches administratives (retrait et dépôt de dossiers de candidatures) mais les tractations et les prises de langue se sont accélérées ces derniers jours. Mieux, et à se fier à certains échos, les premières moutures de certaines listes (notamment communales) commencent même à se former. Un cadre d’un parti très implanté en Kabylie en est formel : “Oui, le tri des candidats a commencé mais c’est encore informel. La cadence sera nettement plus accélérée après l’Aïd…”

Au-delà du fait que cette déclaration confirme l’imprononçable lien de l’Aïd au vote (SIC) ! On peut y lire un certain aveu formulé à demi-mots, sur l’état d’avancement de ces manœuvres pré-électorales. Des partis ont même pris attache avec certains de leurs maires (toujours à titre informel) pour savoir s’ils seraient tentés par un nouveau mandat et des militants très actifs de ces mêmes partis ont reçu instruction de peaufiner des listes “ouvertes” de candidats potentiels. Côté officiel, aucune formation politique intéressée par ce scrutin ne “revendique” publiquement ces démarches. Vue de l’extérieur, la vie politique en Kabylie paraît stagnée, voire totalement absente. Mais c’est dans les secrets des dieux, comme nous ont accoutumé nos brillants politiques, que les choses se règlent. Présentement et hormis les quelques indiscrétions qui ont filtré ici et là, personne ne peut se prononcer avec exactitude sur le taux d’adhésion partisane à ces préparatifs. Ce qui est sûr, par contre, c’est que tous les prétendants à ce scrutin en Kabylie mettront le paquet (on l’espère toutefois !) sur le choix de leur candidat et leur stratégie électorale. Ceci étant dicté par au moins deux aspects : d’abord, la rude concurrence que se livrent les partis pour “dénicher” un candidat qui serait plus populaire ou plus instruit que celui présenté par les parties adverses, et puis ce paysage politique devenu très éclectique en Kabylie, permettant à plusieurs formations politiques de se partager les sièges des 67 communes de la wilaya.

La bipolarité FFS-RCD n’étant plus ce qu’elle était avec le “retour” des FLN, RND et même du PT et des indépendants dans les dernières consultations électorales. De fait, il faut donc s’attendre à de sévères dualités partisanes, et non seulement le jour du scrutin, car les partis en lice voudront certainement jouer le coup à fond cette fois-ci. Pourquoi cette fois-ci ? Parce qu’il s’agit tout simplement des élections locales les plus importantes (et les plus sérieuses aussi, osons le dire !) que la Kabylie a connu depuis 2002. Une Kabylie qui a d’abord connu les “indus élus” puis “les élus partiels” sans jamais parvenir vraiment à savoir sur quel pied danser.

Alors, en définitive, Aïd ou vote, le résultat est quelque part identique : les uns auront des tickets pour le paradis après les loyaux services rendu pendant le ramadhan au bon Dieu, les autres gagneront des places dans les assemblées communales après des loyaux services… dont on ne saura jamais à qui ils les ont vraiment rendu !

Ahmed Benabi

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