Quelbelouz et loto

Partager

Même les restaurants n’ont pas ouvert pour ce mois sacré. Les gens déambulent à travers les rues des villages comme des âmes en peine, les uns pour les besoins de commissions, les autres, rien que pour passer le temps, avec, pour certains, la susceptibilité à fleur de peau. L’habitude étant une seconde nature, il est bien difficile de s’en priver quelque temps, surtout pour la chique et le tabac ! Les boulangeries et les pâtisseries débordés subissent les affluences habituelles de leurs clients plus pressés les uns que les autres. Les cafés maures ont pris un visage nouveau : nouvelle occupation oblige. Les tables sont disposées selon la longueur de la salle. Et, au beau milieu, des tas de pierres dont tout le monde aura besoin juste après le F’tour. Et c’est là que la salle retrouve son animation, où les attablés n’auront d’yeux que pour leur carton de loto, surveillant et cochant d’une pierre les numéros que le tireur juché sur une chaise surélevée à côté du comptoir retire de son sac et épelle à voix haute en y ajoutant certaines expressions qui font sourire les joueurs.

Les mises varient d’un café à un autre. Certains prennent carrément six cartons de loto, d’autres par contre se contentent, de leur capacité mémorialle pour déclarer que tel ou tel carton aurait les quinze chiffres, ceci pour, qui une fois le carton plein, crier au tireur un “Hebbès” tonitruant à faire sursauter ceux qui somnolent.

Le cafetier s’empresse de lui remettre son gain, pour, dans un temps record, reprendre un autre tirage : “Au premier!”. Tard dans la nuit, la salle se vide et chacun rentre chez soi pour le “Shour” de rigueur. Rares sont ceux qui les gagnent. Car, tout le monde aura perdu une certaine somme qu’il gardera secrète, tandis que celui qui aura raflé les mises se complaira à citer le chiffre d’une voix haute. Une chose est sûr : les seuls à rentrer dans leurs frais sont le tireur et le patron de la cafétéria qui sont satisfait de voir les consommateurs habituels café, thé et autres limonades ainsi que des gâteaux (pâtisseries et autres quelob ellouz de rigueur) préparés sur des plateaux à portée de tous, remplir la caisse en espèces sonnantes et trébuchantes qui se transformeront en billets pour disparaître au fond d’une poche à fermeture éclair.

Des trousseaux scolaires pour les nécessiteux

Les enfants scolarisés des familles nécessiteuses recevront dans les prochains jours des trousseaux scolaires que les services sociaux des trois communes de la daïra viennent de réceptionner.

Si le nombre n’est pas si important pour ce premier arrivage (quelque 250 trousseaux par commune) il est à espérer que les prochains ne sauraient tarder sans oublier que la consistance devrait être revue à la hausse selon les trousseaux des années précédentes. Cela serait d’un certain apport pour les familles dont les revenus sont moindres et qui font face non seulement aux dépenses habituelles, mais aussi à celles du ramadhan auxquelles s’ajouteront celles de la rentrée scolaire. L’idéal serait que ces trousseaux leur soient remis dès les premiers jours de la rentrée scolaire.

Sofiane Mecherri

Partager