C’est le cas de Fatiha Asmani, Djegdjiga Akli et Ghania Moulahmoum, toutes pur produit de Amazigh Club Taekwondo de Boumehni. Cette association a, faut-il le rappeler, déjà formé d’illustres athlètes qui font d’aujourd’hui, le bonheur de plusieurs clubs “européens”. C’est dans cette optique, d’ailleurs, que le trio Fatiha, Djegdjiga et Ghania travaille, d’ores et déjà, d’arrache-pied afin d’atteindre, en peu de temps certainement, le niveau de leurs aînées. Agées respectivement de 19, 20 et 19 ans, ces sportives d’exception entament, avec abnégation, bien sûr, leur ligne droite vers la consécration étant donnée que, jusque-là, elles conservent déjà une moisson de titres à l’issue des compétitions auxquelles elles ont pris part.Titulaires, toutes, du grade de ceinture noire (1er dan), ces filles du Djurdjura ne comptent surtout pas s’arrêter là, puisqu’elles s’adonnent, corps et âme, à le discipline qui les a, au bout d’un temps relativement court, fait sortir de l’anonymat. D’autre part, il est utile de noter que le travail colossal que fournit l’entraîneur du club, Moulahmoum Ali (3e dan) était pour beaucoup dans les performances qu’enregistrent, aujourd’hui, ces talentueuses qui promettent un avenir radieux. Cependant, à l’instar de le quasi-totalité des clubs de Kabylie, Amazigh Club Taekwondo de Boumehni (Aïn Zaouia) fait face à un manque criard en matière de Moyeurs. En outre, on peut citer, à titre illustratif, l’absence d’une salle adéquate permettant à ces jeunes de percer et d’aller aussi loin que possible. La volonté existe, le sérieux aussi. Ceci dit, avec un peu plus d’égards à ce vivier de sportifs, d’autres jeunes peuvent se mettre au diapason de la compétition et s’imposer, là où beaucoup ont échoué, car les athlètes de ce club sont vraiment dotés d’une volonté inflexible et d’une motivation inouïe : “Mon objectif est d’aller aussi loin que possible dans la pratique de ce sport et de décrocher des titres dans les prochaines compétitions. Aussi, mon rêve le plus cher, consiste à devenir, un jour, une éducatrice pour enseigner et promouvoir cette discipline. Je voudrais dire également que jadis, il était vraiment difficile, voire même impossible de voir un parent dans notre région laisser sa fille pratiquer le sport, mais, aujourd’hui, les choses ont carrément changé la preuve, des filles ont déjà représenté la région dignement lors des challenges. Donc, les parents n’ont absolument rien à craindre, puisque le sport s’ouvre à toutes les couches sociales sous différents âges tout en occultant ce phénomène de la ségrégation qui était, peut-être, un véritable empêchement pour un bon nombre de jeunes filles. Je ne peux pas laisser échapper cette occasion sans exprime mes vifs remerciements à mes parents qui sont toujours à mes côtés, en m’encourageant, au même titre que les entraîneurs de notre club, les frères Moulahmoum qui ne ménagent aucun effort pour nous transmettre le maximum de connaissances dans le domaine. Je voudrais ajouter aussi une chose, c’est-à-dire, nous, Fatiha, Djegdjiga et Ghania, formons un véritable trio inséparable et qui travaille toujours dans un climat familial”, dira Fatiha Asmani, pour résumer en quelques mots ses ambitions. Par ailleurs, il est à signaler que Ghania Moulahmoum est actuellement étudiante à l’Université Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou alors que les deux autres athlètes se préparent à rejoindre leur camarade. EIles sont actuellement au lycée. Enfin, les athlètes de Amazith Club Taekwondo préparent le championnat du monde, version ITF qui se tiendra, le mois de juillet prochain en Allemagne.
Hafid Azzouzi
