l Mammifère primate à face nue, à membres préhensiles et dépourvu de queue, le singe magot abonde dans un biotope restreint. Son aire de répartition se limite à quelques zones de l’Afrique du Nord. Dans la région de Bgayet, les bandes de singes magot sont localisées au massif forestier des Babors et ce au Parc national de Gouraya. Vivant en bandes d’une dizaine d’individus, ces primates anthropoïdes présentent une organisation sociale assez évoluée. Leur communication repose sur des attitudes, des sons et des associations de postures et de cris. Ils disposent en outre, d’une hiérarchie bien élaborée. Menacée par le confinement et le déclin des effectifs, la vie de ce primate sédentaire est sur le point d’être remise en question. L’équilibre entre le singe magot et son milieu naturel est devenu instable et l’animal est plus que jamais exposé à l’adversité. Les réserves naturelles et les parcs où pullulent ces animaux s’amenuisent continuellement et deviennent de plus en plus inhospitalières. Le déboisement intempestif, la pollution sous toutes ses formes et la sécheresse peuvent conduire tout droit à l’extinction de l’espèce.
L’histoire des animaux abonde d’exemples où des espèces ont disparu quand le nombre d’individus est passé au dessous du seuil de survie. La recherche de nourriture et la défense contre d’éventuels prédateurs sont grandement facilitées par la vie de groupe. Au parc de Gouraya, le singe magot abonde aux abords des routes et à proximité de la crique des Aiguades, cherchant le voisinage de l’homme qui le “gratifie” de pain, de fruits et autres confiseries. Ce nourrissage est assimilé par les éthologistes à un cadeau empoisonné, susceptible de causer du tort à l’animal. En effet, étant un mammifère sauvage, le singe magot doit conserver “intact” un instinct vital : la recherche de nourriture. Une campagne ardente de sensibilisation et d’information du public a été intreprise en 2006 par l’association écologique et scientifique “Amazer N’kefrida”, de concert avec le laboratoire d’écologie et environnement de l’université de Bgayet et le Parc national de Gouraya. On y dénonçait avec force, le commerce illégal et les agressions multiformes dont fait l’objet le singe magot qui figure sur la liste des espèces protégées en Algérie conformément au décret n°83-509 du 20 août 1983 relatif aux espèces animales non domestiques protégées. D’autre part, la Convention sur le commerce international des espèces de faunes et de force sauvages menacées d’extinction (CITES) inscrit le singe magot en annexe II, réglant ainsi son exportation dans des cas limités par un système de permis. Les enclos de vie naturelle que sont les parcs et les réserves devraient être soustraites à l’ardeur expansive de l’homme et à son action destructrice. Car, seule la sauvegarde de sa niche écologique peut permettre au singe magot de s’épanouir harmonieusement.
Nacer Maouche
