Un ramadhan difficile

Partager

Le mois sacré de cette année est accueilli par les citoyens dans la douleur. En effet, comme il a coïncidé avec la rentrée scolaire, les ménages sont laminés. Il suffit de faire un tour au marché central des fruits et légumes pour constater cette situation amère. Avec la flambée des prix, les pères de familles ne se limitent qu’au strict minimum. “Pour une journée, il faudra plus de mille dinars. Si on arrive à avoir du pain, du lait et des patates, c’est déjà du luxe”, se lamente ce parent accompagné de ses deux enfants. “Pour les fournitures scolaires, pas moins de deux mille dinars pour un enfant. C’est impensable. Et on dit que l’enseignement est gratuit”, a ajouté ce parent employé dans une administration locale. “Pour les livres, au moins cinq mille dinars pour ces deux enfants scolarisés au cycle moyen”, a-t-il enchaîné. Même si l’Etat essaie de venir en aide aux familles démunies, il n’est pas facile de combler ce manque. “Il ne suffit pas de distribuer des colis alimentaires, mais de penser aux perspectives d’avenir”, estime ce membre de la société civile. Avant d’éclairer cette situation par ce proverbe chinois : “On ne donne pas un poisson chaque jour à quelqu’un, mais on doit lui apprendre à pécher.”

Le mois de ramadhan de cette année tout comme ceux des dernières années, n’est pas du tout animé. A l’exception des cafés qui ouvrent jusqu’à vingt trois heures, aucune autre animation. Les habitants de la ville n’ont plus droit aux galas artistiques comme ce fut le cas jusqu’à la fin des années 1980. Après la prière des “taraouihs”, accomplie par les fidèles dans la petite mosquée Ali Mellah, les rues se vident si vite. Pour cette année, on peut tout de même signaler l’amélioration de l’éclairage public. Enfin, des lampadaires neufs ont été installés si bien que l’obscurité ne subsiste plus. N’oublions pas aussi que les derniers attentats terroristes de Dellys et de Batna ont quelque peu accentué la psychose au sein de la société. Nombreux sont les citoyens qui préfèrent rester chez eux au lieu de flâner dans les rues de la ville. “On ne sait jamais ce qui va se passer”, redoute ce GLD.

Amar Ouramdane

Partager