La ville d’El Hachimia, 18 km au sud du chef-lieu de la wilaya de Bouira, n’est pas près de se remettre de effets que la tempête du 21 septembre dernier, suivie de celle du lendemain, a imprimé dans le paysage, les foyers et au niveau de certains équipements et infrastructures. Même s’il n’y a pas eu de morts, le souvenir des trombes de pluies, dépassant 50 mm en deux heures de temps, a été gravé comme ceux des années 1994 et 1999. Cycliquement, la nature montre sa fureur et rappelle les dangers et les risques que peut induire le non respect des règles élémentaires de la construction et de l’urbanisme et l’agression du patrimoine forestier qui maintient dans ses ‘’griffes » les couches meubles de la terre.
Les flots se déversant de djebel Aïn Hazem par le truchement de l’oued Boukhalkhal n’ont épargné aucun quartier du chef-lieu de daïra. Souaria, les ‘’104 Logts » et les bourgades avoisinantes ont été submergés un quart d’heure à peine après le début de la tornade. Les grêlons ont constitué une couche semblable à une masse neigeuse. La rue centrale s’est carrément transformée en un fleuve où ne passe ni véhicules ni piétons. Au niveau des ‘’104 Logements », la furie des eaux a fait que beaucoup de maisons ont été transformées en patinoires. Les venelles étaient trop étroites pour contenir une telle masse. L’oued Boukhalkhal se fait plus menaçant que jamais. Le pont de la route permettant l’évacuation de ces eaux a été obstruée par toutes sortes de détritus arrachés à la décharge sauvage placée en face du siège de la daïra.
Le réseau d’assainissement situé sur la route de Hammam Ksenna (CW 97) a complètement éclaté. Jusqu’à ce jour, les élèves de l’école Merad sont obligés de tremper leurs pieds dans des eaux glauques et fétides pour se rendre en classe, inconscients du danger de maladies épidémiques qu’ils encourent. Presque 20 jours après la tempête, la situation demeure la même. Mais, l’inaction des services locaux concernés ne s’arrête pas là puisqu’une vieille fuite d’eaux usées barre tout bonnement la route du CEM Nouveau depuis…plus d’une année. Le remugle se fait sentir à des dizaines de mètres à la ronde et les collégiens se sont malheureusement familiarisés avec ce triste tableau qui contraste avec toutes les valeurs d’hygiène et de propreté qu’on leur enseigne justement dans les classes à côté.
Amar Nait Messaoud