Des projets en souffrance

La ville de Seddouk a bénéficié de peu de projets d’investissement relativement aux enveloppes budgétaires allouées par les pouvoirs publics durant ces deux dernières années.

Les retards accumulés en matière d’aménagement des ruelles et des placettes de l’ancienne ville, ainsi que les chemins menant aux cités périphériques, recommandent une prise en charge urgente de cette agglomération appelée jadis ville des orangers.

Son état a été aggravé par les travaux du gaz de ville où les intervenants se sont contentés de rafistoler les tranchées en travers des chaussées. Certains trottoirs de l’ancienne ville sont devenus impraticables en hiver, obligeant ainsi les citadins à marcher sur la chaussée. Si l’on s’en tient à cela, même l’état des chemins menant aux cités inspire, le moins que l’on puisse dire, une désolation de par leur état hideux : poussiéreux en été, boueux et ravinés en hiver.

Pour cela, seul un programme spécial nécessitant une dizaine de milliards pourrait suffire à réhabiliter une ville à l’abandon. Pourtant, sur le plan infrastructurel, les pouvoirs publics ont accordé pour cette ville plusieurs projets dont les lancements des chantiers tardent à voir le jour. On cite à titre d’exemple les trois projets d’utilité publique, en l’occurrence la crèche et la bibliothèque communale ainsi que la délocalisation de la caserne de la Garde communale.

Déjà bien avant cela, la ville vivait au rythme des écueils induits aussi bien par les retards frappant certains projets où les litiges sur certains patrimoines de la commune. A commencer par le projet mort-né de création d’une gare routière prévue sur un vaste espace utilisé auparavant comme décharge publique sauvage en plein centre-ville.

Les travaux, qui ont démarré en grande pompes ont été arrêtés aussitôt suite à un litige entre la municipalité et un particulier réclamant la propriété dudit terrain.

Les problèmes concernent aussi un poulailler situé à proximité de cette fameuse gare routière loué par la municipalité depuis une dizaine d’années à un particulier pour des activités commerciales.

Non seulement cette bâtisse qui se dégrade au fil des ans dénature complètement le visage de la ville mais elle n’a jamais servi à une activité quelconque. Sa démolition permettrait la récupération dudit terrain adéquat pour la construction de locaux commerciaux ou de bâtiments. L’ancien abattoir a subi le même sort.

L’édifice abandonné à son sort par la municipalité a été récupéré par un particulier qui l’a entouré d’un mur d’enceinte, réclamant aussi la propriété. La municipalité a entamé en 2004 la construction d’un nouvel abattoir sur un terrain de 1 500 m2 situé à la zone d’activité.

Les travaux qui ont démarré en trombe ont été arrêtés aussitôt après seulement la présentation par l’entreprise de la première situation qui a buté sur des problèmes de paiement. L’entreprise n’a pas eu d’autre choix que d’abandonner le projet dont seulement les gros œuvres ont été réalisés. Toujours dans le cadre des projets n’ayant pas atteint leur finalité, la zone d’activité créée il y a une quinzaine d’années dans le but d’endiguer le chômage dans la commune n’a pas accueilli l’ensemble des projets que les promoteurs ont envisagé d’implanter. Pour cela, sur les 23 lots cédés, seules trois unités de production ont vu le jour.

Les candidats en route pour briguer le nouveau mandat APC sont-ils conscients de ce qui les attend comme tâches dans cette commune où les retards frappent des projets importants avec souvent des litiges entre la municipalité et des particuliers.

En tout état de cause, les nouveaux élus auront du pain sur la planche pour remettre sur rails une commune sinistrée.

L. Beddar