Les crises internes qui secouent les formations politiques à l’approche des échéances électorales s’accroissent au fil des jours. Après les listes qui se confectionnent à couteaux tirés, l’heure est aux dissidences. En effet, la liste du Rassemblement national démocratique, (RND) d’Ahmed Ouyahia n’a pas échappé à cette logique. Ainsi la liste du parti aux élections locales du 29 novembre à l’APC de Mohamed Belouizdad, à Alger, vient de subir une grande hémorragie. 12 candidats sur 23 que compte la liste viennent de rendre le tablier.
Dans un communiqué adressé au SG du RND et aux différentes instances du parti, les désormais ex-candidats RND à l’APC de Belouizdad s’insurgent contre le fait de désigner « une tête de liste issue du parti dissous, ex-FIS. » Les signataires du communiqué affirment que la tête de liste était vice-président d’APC de Belouizdad issu des plus controversées élections pluralistes de 1991 sous la bannière du parti intégriste, FIS. Outre ces reproches, les dissidents du RND de Belouizdad ajoutent que le même candidat était membre du sinistre Syndicat islamique des travailleurs, (SIT) à la section CNAN.
Par ailleurs, les contestataires du RND soulignent que le vœu de décrocher la majorité à l’APC de Belouizdad est compromis. Ils ajoutent que la liste présentée, « dont la majorité des candidats sont étrangers au parti ne jouit d’aucune estime de la part de la population locale. » Plus loin, les démissionnaires estiment que les militants fidèles au principes du parti ne peuvent se taire devant « les opportunistes » qui veulent « accaparer les biens du parti », après avoir échoué dans « leurs tentatives d’intégrer d’autres formations politiques », dénoncent-ils. Outre ces critiques, les ex-candidats RND de Belouizdad ajoutent que ces mêmes candidats contestés « avaient soutenu le FLN lors des élections locales de 2002 ».
D’autre part, les signataires du communiqué rappellent les différentes phases qui ont précédée la confection de la liste de candidatures car ils disent que la liste de candidats a été élaborée selon les instructions du SG du parti, selon lesquelles, « tous les candidats doivent être intègres et capables d’assumer ce genre de missions », et d’ajouter qu’au grand dam des autres candidats, le troisième de la liste a été imposé par le coordinateur de wilaya sous le prétexte que ce candidat serait « un cas social » qu’il fallait prendre en considération.
Enfin les protestataires s’insurgent contre la disparition du PV de la réunion à l’issue de laquelle la liste a été élaborée, ainsi que l’insistance du même coordinateur sur le maintien des cinq premiers de la liste, déjà contestés par les autres candidats. A la lecture de tous ces événements qui secouent nos formations politiques à l’approches des échéances électorales, on peut déduire que les motivations des candidats sont loin d’être celles de leurs électeurs.
Mohamed Mouloudj
