Il y’a 48 ans, jour pour jour, les forces coloniales d’occupation lançaient une opération militaire d’envergure baptisée « opération jumelle » ou « opération Challe » selon Hocine Md Oubelaid dit Si Moh Oubelaid et Omsani dit « Si Omar » anciens officiers de l’ALN et combattants encore en vie. L’action militaire d’une rare violence se proposait de frapper fort pour éradiquer la résistance populaire qui menaçait les rêves des colons qui entendaient de faire de notre mère patrie un département d’outre-mer, en un mot, le grenier de la France. L’Akfadou, Mizrana, Yakourène et tout le versant sud de la wilaya III donnaient généreusement refuge à des centaines de combattants qui fuyaient les bombardements aériens et l’armade coloniale qui pouvait, à tout instant les pourchasser. « Les abris sont géniaux » disait le colonel Amirouche, qui passait les troupes en revue dans ces abris encore inconnus de l’ennemi, à condition qu’ils aient à l’autre bout, une issue de secours ». Il avait raison, car la soldatesque française a découvert, un jour le secret du refuge en déduisant sans doute que les maquisards qui opéraient dans cette contrée et lui donnaient du fil à retordre, devraient bien avoir une petite base de repli, c’est ainsi qu’après le déclenchement de l’opération jumelle le 22 juillet 1959, ces grottes ont fait l’objet d’un assiégement un mois après. Cédant à la faim et à la soif alors qu’ils étaient à cours de provisions, plusieurs d’autres ces moudjahdine se sont fait prisonniers alors qu’ils entendaient sortir en quête de secours pour leurs camarades. Soumis à d’abominables tortures, ils dévoileront à l’ennemi les secrets de la cache encerclée.
Selon d’autres témoignages de moudjahidine encore en vie, les hommes étaient retenus prisonniers pour deux motifs simultanés : la chute d’un rocher géant, suite à un éboulement et la présence, après la sortie de leurs camarades de l’armée coloniale dont ils devinaient la présence qui ne revenaient pas.
Pour s’épargner la mort par déshydratation alors qu’ils étaient à leur dixième jour sans boire une goutte d’eau, ils n’hésitaient par à boire leurs urines. Affamés, affaiblis, les bombes de l’ennemi avaient eu raison de leur courage inouï et exemplaire, Réduits à sortir et à se rendre, ils porteront à jamais les stigmates de la torture physique et psychologique « Beaucoup d’entre eux n’y ont pas survécu » confieront encore émus nos témoins. L’opération jumelle, ou Challe, est une opération considérée par les moudjahidine de « crime contre l’humanité qui n’a épargné personne.
Enfants, femmes, hommes… ont été les proies des bombardements intensifs sans répit aucun avec du napalm. Selon si Moh Oubelaid et son compagnon si Omar » des civils innocents ont été pendus à des oliviers dans l’Akfadou, puis arrosés d’essence et brûlés vifs. Pire encore « des femmes enceintes ont été éventrées à l’aide de couteaux pour leur extraire leur progéniture qu’ils jettent au feu ». Abominable !!!
L’histoire rattrapera-t-elle un jour tous ces tortionnaires et criminels ?
Le Tribunal pénal international (TPI) fera-t-il repondre de leurs actes tous ces bourreaux ? « Notre jeunesse comprendra-t-elle un jour que De Gaulle n’a pas fait « cadeau d’indépendance à l’Algérie » fulmine le moudjahid Osmani Bel Kacem dit « Si Omar » forcement !
S. K. S.
