Il fallait toucher tous les axes et réfléchir à un moyen pour se mettre en contact avec la base populaire du pays par l’intermédiaire des hommes de culture, des arts dramatiques, de la musique du chant. Une plateforme était tracée, à cet effet, pour une organisation révolutionnaire à trois axes : politique, sportif et culturel. La première mission fondamentale, était de montrer les vérités civilisationnelles et l’identité culturelle du peuple algérien en lutte. Une mission qui devrait être médiatisée afin de recevoir un grand écho, à travers le niveau national et les pays amis et voisins, où la révolution culturelle s’annonçait forte. C’était important de s’intéresser davantage à ce secteur pour informer de ce qui se passait en Algérie et montrer la juste cause algérienne. L’administration française a commencé à démontrer que les moudjahidine sont des vagabonds, des hors-la-loi et des Fellaga. Le défunt moudjahid et militant, Mohamed Salah Ben Yahia s’est engagé, à cet effet, dans le théâtre et la diplomatie populaire en savant que cet art était fondamental pour la sensibilisation des peuples. Cette époque, un noyau d’artistes, créateurs et intellectuels, hommes de culture qui évoquaient les soucis et les préoccupations du peuple, ont fui le contrôle de l’administration coloniale, pour rejoindre la révolution, tels que le martyre homme de théâtre, Madjid Reda, le musicien Ali Maâchi et bien d’autres.
A la fin de l’année 1956, il y a eu le contact entre le militant Ali Boumendjel et l’artiste Mustapha Kateb pour constituer une troupe artistique suite à l’appel du FLN. Les artistes ont été invités par les moudjahiddine de la Fédération de France pour assister à une réunion, à Tunis, afin de parler des dernières retouches de l’organisation de la nouvelle alliance artistique.
Au mois de novembre 1957, Mustapha Kateb a été invité par le FLN pour rejoindre la troupe, à la base de la capitale tunisienne. Le parti unique a fait appel, en cette date à tous les artistes algériens qui étaient dans le pays ou en exil pour devenir, en 1958, des éléments de la résistance.
Diverses activités ont été organisé, vers la fin des années 50 par les Algériens, dans de nombreux pays et qui avaient pour slogans, « Algérie libre et démocrate », « Non au colonialisme », « Algérie indépendante », et autres dont le but de transmettre aux Français cette révolte du peuple insoumis. Des oeuvres artistiques réalisées dans différents domaines, on été présentées pour sensibiliser et informer l’opinion nationale et internationale sur la cause révolutionnaire algérienne.
Les membres des artistes militants du FLN avait pris, à ce moment de l’ampleur avec l’adhérence de beaucoup à la révolution et au djihad contre le colonialisme. Un membre de 35 était annoncé, lors de la création de la troupe et qui s’était élargi, en peu de temps, à 52.
Le 18 avril 1958, Il y a eu la désignation d’un géant du théâtre algérien par le FLN, en tant que premier responsable et directeur permanant, Mustapha Kateb, qui dirigea la troupe jusqu’à 1962. L’ensemble était constitué de cet homme de théâtre dramaturge, comédien et metteur en scène mais aussi des comédiens, Tahar Lamri, actuel président de l’Association artistique du FLN 1958-1962, de son vrai nom, Abderrahmane Bastandji, Sid Ali Kouiret, Yahia Ben Mebrouk, Mohamed Zinet, l’auteur, comédien et réalisateur du film « Tahya Didou », Hamid Nemri, l’auteur, comédien et metteur en scène, Abdelhamid Raïs et bien autres. Il y a eu aussi le fantaisiste comédien et chanteur Djaâfar Bek, Mohamed Hamdi, Khelifa Tahar, Djaâfar Damerdji, Hamou Saâdaoui, un artiste de ballet qui se représentait à l’époque, dans des spectacles. L’auteur compositeur, Mustapha Toumi qui était chargé de la communication et de l’information, faisait, aussi parti du cet ensemble, à coté de Hacen Chafi, le décorateur de la troupe qui réalisait tous les décors des pièces au Théâtre national d’Alger, dés l’installation du gouvernement provisoire après l’indépendance du pays. Les comédiennes Belaârbi Rekia et Brahim Malika, Mohamed Boudia, un artiste militant qui a été assassiné par le Mossad, à Paris en 1973 pour avoir milité pour la cause palestinienne, étaient aussi dirigés comme tant d’autres par Kateb.
La partie musicale était composée de Ahmed Wahbi, chanteur et responsable de la troupe, du compositeur et pianiste Mustapha Sahnoune, le chanteur El Hadi Radjeb, les auteurs compositeurs et musiciens, Tahar Bem Hed, Hacen Farès et Saïd Saïh, du poète et le porte parole officiel de la troupe, Mohamed Bouzidi, la couturière et coutumières, Safïa Kouassï, le photogphe Mouhamed Kouass, le « drabki », Debah Ali dit Alilou, le chanteur à expression kabyle Farid Ali qui fut célèbre avec la chanson, « A Yema Azzizen », le « Qanoundji », Mohamed El Abbass, El « Kamandji », Benyahia Mouhamed, la danseuse de ballet, Hind, et tant d’autres artistes et techniciens militants.
Tous ces gens-là, travaillaient ensemble, dans la villa Bardo, à Tunis et se produisaient au théâtre municipal de cette même capitale. Ces artistes ont été formés bien avant la révolution, dans les années 40.
La troupe artistique du Front de libération nationale avait eu un grand écho au niveau mondial. Elle présentait des oeuvres patrimoniales nationale à travers ses coutumes et traditions : kabyle, chaoui, el-assimi et autres, dans les pays étrangers. Cette formation était l’ambassadrice de la cause algérienne à l’étranger.
Le premier texte théâtral du FLN qui a été écrit, pendant la guerre s’intitule, « Nahwa Nour », ou « Vers la lumière » avec lequel un spectacle était présenté, le 24 mai 1958, au théâtre municipal de Tunis. Toujours en mois dans ce mois de mai, la troupe organisait une tournée, en Tunisie et en Libye.
En mois de septembre 1958, Mustapha Kateb réalisait un autre projet, « Montserrat », qu’il avait adapté de l’auteur espagnol, Manuel Robles. La pièce était présentée dans les différents pays voisins et amis tels que les pays du Grand Maghreb et la Yougoslavie. Cette tournée avait fait un énorme bruit avec cette pièce révolutionnaire engagée où l’ambassadeur français, de l’époque se plaignait contre cette manifestation, aux autorités locales.
Elle parlait du colonialisme espagnol en Amérique Latine, à travers le personnage Montserrat. Le héros qui représentait le côté espagnol, refusait l’oppression et l’impérialisme.
Juste après l’indépendance, en 1965, “Montserrat” était réalisée et remontée au Théâtre national d’Alger, ex Opéra.
En mai 1958, Abdelhamid Raïs avait écrit le premier texte sur la révolution algérienne, en occurrence, « Les enfants de la Casbah ». Cette pièce qui était réalisée par Mustapha Kateb est composée de trois actes.
La générale de « Les enfants de La Casbah », a été donnée le 10 mai 1959, au théâtre municipal de Tunis. Elle a été remontée et présentée en Algérie par Mustapha Kateb, en 1963. Le thème évoque, essentiellement, la résistance algérienne à la Casbah d’Alger, contre le colonialisme. Elle parle aussi de la femme algérienne qui s’était sacrifiée pour son pays. L’action se déroulait entre les années 1956 et 1957. « El Khalidoun » ou « Les Eternels » était la deuxième pièce qui embrassait un succès, surtout chez les Algériens exilés au Maroc, en Tunisie et en Libye. L’œuvre témoigne la lutte armée des moudjahiddine. Elle a été écrite en 1959 en trois axes et était réalisé, toujours par Mustapha Kateb.
Fazila Boulahbal
