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“Nous voulons réintégrer notre daïra d’origine

En matière d’infrastructure, cette localité qui compte près de 13 000 âmes, est loin de répondre aux besoins de ses habitants. Fonctionnant avec des subventions d’équilibre, cette région qui souffre de l’absence de recettes propres due à l’inexistence d’entreprises économiques sur son sol et autres créneaux porteurs tels un marché hebdomadaire et autres, est frappée de plein fouet par une crise multiple, la condamnant ainsi à demeurer dans ce rang peu glorieux depuis sa création.

Cet état de fait se répercute bien évidemment sur sa population qui subit les affres d’un sous-développement dans lequel se débat cette petite commune. Bien que les responsables locaux aient réalisé notamment ces deux dernières années d’importants projets d’utilité publique tels que bitumage des routes, assainissement, AEP, raccordements électriques, l’aménagement et la rénovation des fontaines au niveau des villages et tant d’autres projets inscrits dans le cadre des PCD et PSD, il n’en demeure pas moins que cette contrée, malgré les efforts déployés est encore loin d’atteindre le seuil du minimum. Avec une polyclinique qui fonctionne au ralenti, une agence postale, un CEM et treize établissements scolaires, cette commune comme tant d’autres d’ailleurs, se retrouve “isolée”. Depuis son rattachement sur le plan administratif à la daïra de Tizi Rached en 1985 —date de sa création — les citoyens de cette collectivité ne cessent de réclamer que les autorités prennent enfin la décision de rompre officiellement les liens administratifs avec cette daïra qui ne présente aucun avantage à leurs yeux et rejoindre celle de Larbaâ Nath Irathen. Selon nos informations, les habitants auraient introduit plusieurs demandes de réintégration à cette dernière, mais les autorités n’ont pas daigné y donner suite. Cette question fut également soulevée lors des élections locales partielles, durant lesquelles les candidats ont débattu ce sujet tout en promettant une solution dès leur accession aux postes de responsabilité.

“Ce n’était que des promesses sans lendemain”, tempête un citoyen. A la question de savoir pourquoi ce désir ardent et cet acharnement à changer de daïra, la majorité des villageois interrogés avancent des arguments convaincants. En effet, pour eux, leur commune appartient depuis des temps immémoriaux à Larbaâ Nath Irathen, puisqu’ils en dépendent pour tous les aspects de la vie quotidienne et géographique. “Bien avant la période coloniale, nous avons toujours fait partie des Ath Irathen. Nous nous y rendons pour nos achats, les papiers administratifs, les soins et autres prestations” soutient un sexagénaire. Et d’ajouter : “Nous sommes ballottés entre deux daïras, puisque celle de Tizi Rached est destinée au passeport et la CNI. Même la scolarité de nos enfants se fait à LNI, en raison de la disponibilité du transport et surtout de la proximité des établissements scolaires (lycées)”. En tout état de cause et en dépit des incessantes démarches de ses habitants qui ne savent d’ailleurs où donner de la tête, une question mérite d’être posée : quelles sont les raisons du refus des autorités à se prononcer définitivement sur cette situation ?

S. K. S.

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