Une expérience originale chez des acteurs locaux généralement rétifs au « changement ».
La liste indépendante « Initiative citoyenne », conduite par Abderahmane Benseba alias « Bahmane », maire sortant, qui a fait les frais de la crise interne du FFS, s’est dotée d’un site internet. Plus précisément d’un « blog », par lequel elle compte porter sa communication de campagne (http://bahmane. blogspot. com/).
Cette liste, que les observateurs locaux perçoivent comme un prétendant en puissance en raison de la grande popularité de sa « tête », table ainsi sur une communication innovante dont il serait intéressant de mesurer la pertinence.
Ce blog s’ouvre sur une lettre aux citoyens par laquelle le maire candidat explique les raisons qui le poussent à postuler à sa propre succession. « Nous avons fini, y est-il écrit, par nous ranger à l’avis de ceux de nos concitoyens qui nous enjoignaient de remettre l’expérience acquise au service de la collectivité et de présenter une alternative raisonnée face aux appétits aventureux qui peuvent se jouer, souvent au nom d’un renouveau de pacotille, du jugement de nos concitoyens ». Auparavant, le maire candidat explique que c’est contraint et forcé qu’il se résout à la candidature indépendante qu’il assimile à une « régression organique » en imputant cette situation, dans une allusion à sa rupture avec le FFS, aux « turpitudes des hommes ». Il dénonce la « dissipation des énergies » que connaissent les partis et se déclare favorable au rassemblement « le plus large » des forces démocratiques pour «sortir le pays de la crise et le prémunir contre les périls ». Sans avancer de promesse électorale, exercice qu’il qualifie de « facile », il enjoint aux électeurs à forcer les prétendants au trône municipal à des propositions « sérieuses et argumentées ». Autrement dit à se méfier des chants de sirènes.
Favori « historique » de ce genre d’élections, le FFS qui a divorcé d’avec ce même Bahmane, après un mariage heureux qui a duré depuis 1997, présente une liste conduite par Mohamed Boucherit dont ce sera la première expérience électorale.
Et les paris sont ouverts sur la capacité du parti à rééditer ses succès passés et à consommer sa crise interne à laquelle la section d’Akbou a été intensément mêlée. Absent aux partielles, le RCD refait surface avec une liste chapeautée, à l’instar de celle FFS, par un membre de la famille de l’éducation qui étrenne aussi pour la première fois le jeu des élections. Une liste remaniée en dernière minute par les instances de wilaya, qui y ont injecté une ancienne gloire du mouvement des archs, dans une immixtion qui aura produit une grogne chez les militants et le désistement d’un candidat fortement estimé. De quoi compromettre les chances du parti de Sadi qui ne parvient pas à trouver ses marques dans cette seconde ville de la wilaya de Béjaia. Le RND, qui a surpris lors des dernières élections législatives en ravissant deux sièges de député, a confié son destin à l’itératif Rachid Hamidouche, ancien P/APC FLN (1990) et tête d’une liste d’indépendants aux dernières élections partielles. Une combinaison dont il convient de vérifier les résultats sur le terrain. La liste FLN est conduite par Mohand-Arezki Iskounène, vieux routier du paysage politique local et président de la Chambre de l’agriculture. L’ancien parti unique pourrait d’autant son épingle du jeu que l’abstention met en survaleur sa traditionnelle clientèle électorale qui abonde mécaniquement vers un « vote bloqué ».
L’abstention ? C’est l’autre « candidat » avec qui il convient de compter.
Face à un plateau assez garni, il reste, autrement dit, difficile d’anticiper sur l’appétence électorale des citoyens. Ils sont près de 30 000 à Akbou à être en droit de voter. Et autant que les candidats devraient s’échiner à convaincre d’ici les quelques semaines qui nous séparent du 29 novembre.
M. Bessa
