Le FLN tourne le dos à la Kabylie

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La crise politique s’annonce en grande pompe à la maison FLN, où Abdelaziz Belkhadem est sérieusement placé sur la sellette. Loin d’être un “charivari”, ce qui se passe au FLN est révélateur à plus d’un titre de divergences dans l’option stratégique que se réserve la réconciliation nationale dont le poumon serait l’amnistie. Cette réconciliation émanant au premier chef du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, à laquelle se sont par la suite greffés des soutiens de partis et de personnalités politiques, en attendant le verdict du référendum populaire, devient aujourd’hui un enjeu de taille sur la promotion de ce projet. Au FLN, version soft de Belkhadem, le contenu de ce projet ne souffre pas le moindre doute qu’il s’agit de libérer l’étendue de l’expression politique, y compris celle constitutionnellement prohibée. A y bien penser, la dynamique d’isolement du FLN, qui guette le secrétaire général, renvoie à des reproches dans ce sens, redoutant de remettre sur le tapis le contrat de Rome, que même l’actualité a résolument enterré. De plus, plus de 10 ministres FLN ont été reconduits lors du dernier remaniement, non sur proposition de Belkhadem, mais par le premier magistrat du pays. Depuis, le gel s’est très vite installé entre le n°1 du parti et ces derniers, aggravé par l’orientation et les déclarations islamisantes répètées.Ce n’est pas fortuit, lors de la rencontre tenue à Tipaza avec les militants des différentes mouhafada du centre, que celles de la Kabylie soient marginalisées.Belkhadem semble pris dans un mouvement de flotement dérouté et s’évertue à faire du FLN l’outil d’un retour de l’islamisme politique en dépit de sa défaite militaire.Ceux qui crient et attirent l’attention sur ce risque plausible ne sont guère sur une fausse piste. En ce sens qu’à la maison FLN, la colère grandit, y compris parmi les membres de l’exécutif qui préparent un véritable plan de disgrâce politique au n° 1 du parti.Les attaques ou les insinuations tant ressassées par Belkhadem à l’adresse de l’actuel chef du gouvernement ne sont pas du goût de la majorité des cadres et des membres de l’exécutif et du conseil national, ainsi que des ministres FLN en exercice. Occupé à noyer le poisson dans l’eau, il livre un faux combat contre Ouyahia, en perspective d’une mise sur les rails du FLN au profit d’une politique islamisante.Il n’est un secret pour personne, les propensions de Belkhadem au courant islamiste, sa participation au contrat de Rome n’est pas effacée des mémoires, c’est ce qui peut expliquer son recul par rapport au retrait des élus, pour mieux synchroniser sa position avec celle du FFS, un autre acteur de Rome.A Tizi Ouzou, les militants du FLN en conclave le jeudi dernier, sous le contrôle du superviseur du parti, ont mal apprécié leur exclusion de la rencontre des wilayas du centre tenue à Tipaza le même jour. Contactés par nos soins, les militants du FLN sont plus que outrés, non seulement de se découvrir lâchés par le parti (surtout les élus sur la question du retrait des assemblées), mais pis, ils font face à l’exclusion et à la marginalisation. Le FLN de Tizi Ouzou, majoritairement participant au congrès avec plus de 90 congressistes, n’a pu avoir une représentation à l’exécutif national.La colère grandit, à telle enseigne que les dernières sorties de Belkhadem sont très mal perçues par les militants du parti. Ils soupçonnent le n° 1 du parti de s’adonner à une mission inverse à celle engagée par Ouyahia sur instruction du président de la République dans le dialogue avec le Mouvement citoyen. Gravement déstructuré, le FLN de Tizi Ouzou risque de connaître une sérieuse décomposition, à fortiori, les conditions qui prévalent localement ne lui sont guère favorables pour défendre l’option chère à Belkhadem, celle de réintégrer l’expression politique islamiste via la réconciliation, que pour le moment chacun définit selon ses convenances, tant que le contenu et sa portée historique et stratégique ne sont pas connus.

Khaled Zahem

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