Labours, semailles et ramassage d’olives seront conjointement lancés la dernière semaine de novembre au plus tard. Tout le matériel nécessaire est passé en revue afin d’être prêt le jour “J” pour le lancement de la campagne des grands travaux agricoles qui s’effectuent d’un commun accord, dès que l’un des nombreux village donne le signal du démarrage. Les charrues, les bêches, les réserves de semences et les engrais sont réinventoriés pour la campagne labours-semailles, et afin d’être fin prêt pour celle des olives, ce sont les filets, les échelles ainsi que les gaules auxquels ont apporté les retouches nécessaires.
Les propriétaires d’oliviers qui n’ont pas assez de main-d’œuvre se lancent à la recherche d’un villageois disponible pour lui confier une partie ou la totalité des oliveraies moyennant un partage égal de la récolte et chacun y trouve son compte. Les propriétaires des huileries aussi sont pris par la fièvre des préparatifs d’autant plus qu’avec la multiplication fulgurante ces dernières années des huileries, la concurrence s’annonce déjà rude.
Le nettoyage de ces fabriques se fait en grandes pompes pour attirer l’attention des futurs clients, en parallèle chacun d’eux se lance dans sa propagande vantant les qualités des prestations en évitant soigneusement d’évoquer le taux du prélèvement de sa quote-part de la récolte, secret professionnel oblige (le client est bien parti pour devenir roi dans ce créneau). C’est aussi la période où les prix des bêtes de somme flambent (mulet, âne) car fort utilisés et indispensables pour ces campagnes agricoles. Les campagnards non intéressés par ces activités s’attellent au ramassage des réserves de bois et ne s’arrêtent qu’une fois la quantité suffisante pour tout l’hiver ne soit ramenée au domicile. C’est une saison où dans ces contrées personne ne reste inactif, chaque village ressemble à une fourmilière qui grouille de villageois où la culture de l’assistanat par l’Etat n’a aucune prise, c’est plutôt le compter sur soi qui prévaut Fierté légendaire de ces rudes montagnards de Kabylie obligent ! Ils préfèrent plutôt émigrer vers d’autres cieux pour assurer dignement la pitance à leur progéniture, ce qui explique que la Kabylie est une région qui compte le taux le plus élevé à l’échelle nationale en matière d’émigration hors territoire national, ce qui leur donne une avance considérable en matière d’ouverture sur le monde.
Omar Soualah
