La Dépêche de Kabylie

Le spectre de l’abstention plane sur les locales

Au vu du désintéressement des citoyens à l’égard des prochaines joutes électorales, le spectre de l’abstention plane dangereusement sur ces élections. La débâcle du mois de mai risque dêtre réeditée. Au delà du fait que toutes les formations politiques prennent part à ces échéances, l’épouvantail de l’illégitimité menace les futures assemblées élues. Déjà que le déficit en la matière est criant, que restera-t-il aux futurs élus comme marge de mano euvre ? Avec des codes communal et de wilaya réduisant les Assemblées élues au rôle de simples chambres d’enregistrement, leurs présidents à celui de simples relais des chefs de daïras et des walis, la démocratie de base est vidée de toute sa substance. Ceux qui briguent aujourd’hui des mandats municipaux ou régionaux n’auront à gérer demain, dans le meilleur des cas, que la misère croissante par le biais de budgets squelettiques et sur lesquels ils n’auront aucun pouvoir de décision, ni de contrôle, estiment certains acteurs de la scène politique nationale.

En Kabylie, régions réputée pour son caractère frondeur, les partis en lice pour les prochaines locales craignent une débâcle. Même si une grande partie des acteurs politiques de la région ont opté pour la participation, le climat morose qui entoure ces débuts de campagne opère comme un signe de mauvais augure. Avec la participation des deux frères ennemis, le FFS et le RCD, les deux formations traditionnelles de la région, les partis de l’Alliance, le FLN et le RND, ajoutant à cela le PT, les autres formations microscopiques et l’appel du MDS, version, Hocine Ali à la participation, la population a visiblement, d’autre chats à fouetter. A la lecture des comptes rendus de la presse nationale, vers les salles les meetings, les lieux publics et autres tribunes, l’affluence des populations reste maigre. La Kabylie observera-t-elle son leitmotiv de l’ensanglanté  » Printemps noir  » :  » Ulac Lvut Ulac !  » ? Avec tous les ingrédients qui se rassemblent, il est à supposer que l’on butera directement sur cette situation. Une situation qui réduira à néant les vœux des candidats. Déjà pris à partie par le ministère de l’Intérieur dans les affaires de  » rapines  » qui secouent les municipalités, les élus locaux étaient de tout temps jetés en pâture sans supports politiques, ni financiers et en mal de légitimité aux yeux des électeurs.

En dépit de la participation du FFS et du RCD aux élections prochaines, l’on s’attend à un remake de la situation. Une réédition qui n’échappera pas, si l’on se fie aux différentes déceptions enregistrées par les citoyens. Mais il est à relever que le courant  » participationniste  » aux élections demeure en perspective des échéances du 29, loin d’être à la hauteur de ses objectifs, à savoir se tailler la part du lion au sein des prochaines institutions élues, et ce devant la persévérance des citoyens à bouder les urnes.

Au delà du MDS, version Ahmed Meliani, qui appelle au boycott des élections, l’on enregistre aussi l’appel du Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie, MAK de Ferhat Mehenni, qui, dans un communiqué rendu public, hier, appelle au rejet des prochaines élections locales. Le rejet des élections est motivé, du point de vue des autonomistes de Kabylie, parce que les élections du 29 novembre  » renouvellent en renforçant les instances d’un système qui opprime la Kabylie « , parce qu’elles  » donnent de la vigueur à nos chaînes tout en participant d’une politique de normalisation pour ne pas dire de pacification de la Kabylie que le pouvoir tente vainement, depuis des années, de ramener dans son giron « . D’autre part, Le MAK, souligne qu’il  » n’a de choix qu’à les rejeter « .

M. Mouloudj

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