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Danger en la demeure

Fort heureusement, les lieux étaient vides de tout occupant, tous les collégiens étant chez eux pour cette semaine de vacances de novembre. La directrice n’en finit pas de louer Dieu que “Si cela s’était passé un jour de travail ! Oh ! Mon Dieu ! Imaginez ! Plus de six cents innocents élèves courant et se déplaçant dans la cour !”

La construction de ce CEM, qui avait longtemps été ajournée pour raison d’acquisition du terrain, s’est réalisée pratiquement en un temps record, en raison des échéances. Sa mise en service, sans P-V de réception, avait été, en son temps, saluée par tous les parents et les citoyens. Il a fallu batailler pour obtenir la construction d’un réfectoire, son aménagement et sa mise en service. A ce jour, cette cantine ne peut assurer que des repas froids, aucun cuisinier n’y ayant été affecté.

Chaque fenêtre de salle (classes et bureaux) est ornée d’une console dont l’objectif serait décoratif. Une façade comporte deux paires de quatre consoles. Celle qui lui fait face en comporte aussi. Un danger permanent si l’on considère comment ont été réalisées ces consoles ! Longues de six mètres avec un écart du mur de près de cinquante centimètres, elles auraient été “accolées” aux piliers et aux façades en dernier lieu, grâce à des bouts de fer à béton de 14 tors tout juste longs d’une pauvre dizaine de centimètres appelés à soutenir 300 kilogrammes ! On se demande déjà comment par miracle aucun accident n’est déjà arrivé, avec ce danger permanent suspendu au dessus de la tête de tous et de toutes !

10 centimètres de fer à béton pour soutenir un poids de plus de 3 quintaux ! Quel maçon aurait accepté de prendre cette responsabilité ? Quels ordres ont dû être donnés pour ce faire ? Que faire contre une telle inconscience ? La direction de l’établissement ne sait plus à quel saint se vouer. Cela suffirait-il d’informer la tutelle, les autorités locales, les parents ? Suffirait-il de dresser un constat … en attendant la catastrophe ? Ne ferait-elle pas mieux de surseoir aux études et de fermer l’établissement jusqu’à ce que tout danger soit écarté ?

En attendant, il semble bien clair que l’établissement ne pourra pas ouvrir ses portes à la rentrée prochaine et que le parcours scolaire de tous les étudiants en pâtira certainement. Et il semble bien, aussi, que les parents, conscients du risque n’oseraient nullement mettre en danger la vie de leur progéniture, ayant constaté de visu que lesdites consoles commençaient déjà à se détacher, lentement mais sûrement de leurs points d’attache.

Sofiane Mecherri

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