Comment faire pour sauvegarder ce patrimoine ?

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Entre autres, et dans le même contexte, il a ajouté que : « Ce n’est pas l’impression que j’ai, bien au contraire, c’est bien parti pour la sauvegarde de ce patrimoine musical, et ce, grâce au travail des associations. Il y a un public qui aime ce genre de musique et qui veut toujours avoir des concerts, des albums…., il reste seulement à l’élargir et à persister dans ce domaine. Il y a eu certes, dans le temps, la perte de douze noubas, mais avec ce dernier siècle, il y a un travail de conservation de ce patrimoine. « 

Par ailleurs, et pour ce qui concerne la sortie des deux albums de l’Association El Djazira, Souilamas, l’intervenant a commenté que « ces enregistrements s’inscrivent dans la continuité », tout en rappelant qu’il avait eu précédemment trois autres albums.

« Ces enregistrements sont une modeste contribution de l’association dans la préservation et la pérennisation de notre patrimoine musical », a-t-il révélé, tout en ajoutant, que « notre but également est de donner un autre souffle à la musique arabo-andalouse en essayant aussi de la rénover.C’est pour cette raison que nous avons tenu à faire un travail là-dessus. » Ainsi, en quête d’originalité et d’idées novatrices, l’association El Djazira a donné une couleur nouvelle et différente aux compositions que contiennent les deux albums. « Il faut savoir d’abord que nous sommes à cheval sur la tradition et tout en étant respectueux pour la ligne mélodique, on a procédé cependant à quelques changements, nous nous sommes permis quelques variations dans l’orchestration, en ajoutant aux pièces interprétées un volet différent. En fait, on a rajouté de la polyphonie dans l’instrumentation. C’est-à-dire qu’il y a eu un travail d’harmonisation. » Nazim Souilamas a, en outre, ajouté que ce travail de recomposition musicale est « un choix délibéré », visant à moderniser ce genre musical en vue d’attirer plus de public, notamment la jeune génération. Et d’ajouter : « C’est pour dire aussi que, il n’y a pas seulement l’ancienne génération qui s’intéresse à ce genre musical, même les jeunes peuvent s’y intéresser ». Et à la question de savoir s’il est possible de procéder à l’écriture d’une nouvelle composition musicale de type arabo-andalou, Nazim Souilamas a déclaré que « C’est faisable d’écrire de nouvelles pièces puisque l’écriture musicale est pareille aux autres écritures. Il suffit juste de connaître les règles. Tout donc s’écrit. Mais dans ce cas, on n’est plus dans le patrimoine. Nous sommes dans la création. » Et de préciser aussitôt: « Notre but n’est pas de créer, mais d’enregistrer le patrimoine et de participer à le sauvegarder. »

Par contre, il se trouve que les associations spécialisées dans ce genre musical, ne trouvent pas l’appui et l’aide souhaitée venant de la part de l’Etat pour préserver ce grand patrimoine que nous risquons de perdre, si nous n’entamons pas les procédures de le défendre et de le cerner. A cet effet, M. Bahloul, qui est un membre actif dans l’association « El Djazira », a été bien précis dans ses déclarations : « L’état actuel de cette musique ne se tient pas comme il se doit. Je dis bien et je précise que l’Etat ne fait rien pour sauvegarder ce précieux patrimoine andalous.

C’est seulement les associations et les établissements culturels qui fondent l’objet de cela. Pour être bien précis, c’est l’Etablissement Arts et Culture en particulier qui nous soutient et donne l’opportunité de plusieurs productions à son siège par an ».

Pour sa part, le directeur général de l’Etablissement Arts et Culture a révélé que « nous soutenons toutes les associations qui travaillent et ont pour but la sauvegarde de notre riche et précieux patrimoine. Bien que les années précédentes, nous n’avons pas reçu un large public, cette année c’est tout à fait le contraire ; on enregistre une bonne et dynamique affluence au sein de nos salles ». Entre autres, il a bien été optimiste dans ce cadre, et estime une bonne continuité. Il est à noter que ces deux albums ont été édités avec le concours de l’Office national des droits d’auteurs et l’Etablissement arts et culture de la wilaya d’Alger.

L’association « El Djazira » a donné, dans la soirée de ce mercredi, un récital où l’orchestre a interprété plusieurs pièces tirées de leurs deux derniers albums, et avec une grande variété.

Kafia Aït Allouache

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