La campagne électorale a au moins l’avantage de sortir les villages de leurs torpeur habituelle, l’espace de trois semaines. Depuis samedi dernier, leurs habitats vivent au rythme de la politique locale, en recevant les staffs de campagne, à tour de rôle. Reconnaissons au parti politique le fait de ne pas « se marcher sur les pieds », puisqu’ils évitent de se rendre aux mêmes lieux et aux mêmes horaires. Le bal a été ouvert par le RND qui s’est adressé aux citoyens de Taourirt Meguellet, Ath Khlef, Agouni n’Teslent, etc., pendant que le FLN s’est rendu à El Korn, Aourir, Tasga Melloul et Ouaghzen.
Les habitants d’Ath Ailem ont eu l’honneur d’accueillir en première position le FFS dont la tête de liste est issue de leur village avant de rendre visite aux voisins de Ouaitslid puis Ath Khlef. Le parti des travailleurs n’a, pour le moment, effectué aucune sortie, attendant toujours que ses affiches sur les sites soient disponibles pour se rendre aux villages. D’après les informations que nous ont rapportées les habitants de certaines agglomérations, il ressort que certains candidats n’ont été applaudi que par leurs camarades, venus « pour le nif du parti », alors que le reste de l’auditoire, composé de curieux, n’a eu de cesse de rappeler aux futurs élus que « les électeurs ne croient plus aux promesses ». Les femmes, qu’aucun parti n’a jugées aptes à prendre les rênes de l’APC, ont démontré le contraire à Azrou, vendredi dernier où elles étaient une vingtaine à venir à Tadjemaâth, écouter le discours et poser des questions. C’est peut-être une façon à elles, de rappeler qu’elles sont là et que désormais il faudra compter avec elles. Les staffs de campagne sont, jusqu’à maintenant, reçus avec l’hospitalité qui caractérise nos villages. Les intervenants ne sont pas toujours conciliants avec eux surtout lorsqu’il s’agit de discuter des programmes. Tous prônent la sincérité et se défendent de faire dans la langue de bois mais n’avouent pas leurs déboires ni le fait d’être rabroués dans certains villages. Au contraire, à les entendre commenter leurs sorties, on penserait que le tour est déjà joué. Sûrs d’avoir convaincu l’électorat, le 29 novembre ne représente plus pour eux qu’une simple formalité. Connaissant la manière de voter de la population d’Aïn El Hammam, nous ne pouvons que rappeler le fameux proverbe « il ne faut jamais vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué ».
Nacer B.
