Absence flagrante de candidates

l Il faut reconnaître que près de cinquante ans après l’Indépendance, la politique reste le domaine des hommes. En tout cas, c’est ce que nous sommes tentés de croire, lorsque nous passons en revue les listes des candidats aux APC. Sur plus de quinze listes, des communes dépendant de la daïra d’Aïn El Hammam, aucune femme n’a été jugée apte à servir la municipalité. On ne peut évoquer l’argument de l’absence de militantes au sein des partis politiques puisqu’ils ont trouvé la parade en affirmant « s’ouvrir à la société civile ». On ne peut, non plus, avancer le manque de femmes instruites, vu que les administrations et les écoles en regorgent. Nous les trouvons à tous les échelons de la hiérarchie. Pourtant, du temps du parti unique, les listes électorales comportaient toujours des éléments féminins. D’ailleurs, dans les années 70, une femme avait siégé à l’Assemblée de la commune de Aïn El Hammam, sans que personne n’y ait trouvé à redire.

D’autres, même si elles n’avaient pas été élues, avaient déjà à cette époque, tracé le chemin en se portant candidates. Ce qui veut dire que même si certaines sont réticentes à présenter leurs candidatures. Ce qui veut dire que même si certaines sont réticentes à présenter leurs candidatures, il devrait y en avoir qui casseraient, volontiers, les tabous si on se donnait la peine de leur faire appel. Plus de trente ans après, les affiches nous incitent à penser que nos hommes ne font toujours pas confiance au « sexe faible » qu’ils jugent incapables de gérer une APC. On nous répondra, toujours, que sur certaines listes APW figurent des femmes. Cependant, leur nombre est minime et leur classement ne leur donne pas beaucoup de chances d’être élues le 29 novembre et par conséquent, de « commander ». Si certains pensent qu’elles ne sont bonnes que pour la cuisine, d’autres ne veulent pas s’embarrasser de cette frange de la société qui risquerait de s’imposer à leurs places. Nos partis seraient-ils misogynes à ce point, bien qu’ils prônent le contraire, ou alors, la faute incomberait-elle à nos sœurs et nos femmes qui se désintéresseraient de la chose politique ? En tout cas, tant que personne ne leur proposera de devenir maire ou tête de liste, on ne saura jamais si elles en sont capables.

Nacer B.