l Les communes des daïras de Ouaguenoun, Makouda et Tigzirt ont pu relever le défi, en lançant le projet d’un pôle qui réunira les communes de cette partie du nord de Tizi Ouzou, à savoir la Kabylie maritime. Ali Belkhir, le maire de Ouaguenoun, est l’un des initiateurs de ce projet pilote dans cette région. Les différents P/APC ont su dépasser leurs divergences politiques et une charte portant sur ce projet a été instituée.
« Dans ce contexte, la charte de l’intercommunalité que nous proposons vise à asseoir une solidarité intercommunale dans les domaines aussi nombreux que variés tels que l’industrie, l’agriculture, la pêche, la culture, le bâtiment, les travaux publics, les forêts, le tourisme, l’artisanat, l’environnement, le sport, la santé, l’éducation, etc », peut-on lire dans le préambule du document portant création de cette intercommunale. Et d’ajouter : « Cette charte de l’intercommunalité est transpartisane et permettra aux communes l’ayant adopté d’initier et d’élaborer une stratégie commune de développement durable et sera une force de proposition et d’action face aux lenteurs bureaucratiques ». Avant d’arriver à adopter cette charte qui constitue désormais leur feuille de route, près d’une dizaine de réunions des maires ont été tenues à travers les différentes communes de la région. Les communes faisant partie de cette union sont presque toutes celles de l’ex-commune mixte de Mizrana de même que Ouaguenoun, Aït Aïssa Mimoun, Timizaurt, Boudjima, Makouda, Mizrana, Tigzirt et Iflissen. A titre d’exemple, sur le plan économique, l’on envisage l’adoption d’une position commune avec la mise en œuvre d’actions concrètes en matière de promotion et de recherche d’investisseurs. Créer une organisation intercommunale chargée de développer et structurer la vie économique locale. Favoriser la création de zones d’activités intercommunales.
L’établissement d’une stratégie de développement contre le chômage, etc. Sur le plan de l’agriculture et de l’environnement, les communes signataires de cette charte envisagent de soutenir activement les mesures visant à développer l’agriculture de montagne, préserver le patrimoine forestier, valoriser et promouvoir le patrimoine naturel et historique de la région, cela se fera par l’identification et recensement des sites archéologiques, vestiges et monuments historiques, la création d’un office de tourisme intercommunal, réhabilitation et la mise en valeur des hommes et des faits historiques de la région, ayant marqué l’histoire locale et nationale, etc.
Sur le plan communication et formation, l’on envisage d’engager une politique de communication active, notamment par la création d’un site internet de l’intercommunalité. L’élaboration d’une carte du territoire de l’intercommunalité et d’une stratégie financière, élaboration d’un plan directeur de développement intégré de la région, l’investissement dans la formation des élus et des fonctionnaires communaux pour mener à bien la politique de développement, etc.
L’intercommunalité dans son mode de fonctionnement se réunit en session ordinaire une fois tous les trois mois. La présidence est alternante, elle est assurée pour une période d’une année par l’une des communes, sans toutefois que deux communes d’une même daïra se succèdent. La communauté des communes doit établir un programme d’actions annuel. L’adhésion reste ouverte pour les autres communes de la région. Les décisions se prennent par consensus, note enfin le document dans son chapitre mode de fonctionnement. Dans la conclusion, les huit communes signataires de ce projet déclarent que « cette charte a l’importance de défendre les intérêts moraux et matériels de la région dans un cadre de dialogue et de concertation à partir d’étapes préliminaires de maturation des problématiques d’ensemble afin que celle-ci puisse survivre à ses initiateurs et servir les générations futures ».
Mourad Hammami