Situé dans la daïra de Sour El Ghozlane, ce canton enclavé dans une dépression du versant sud du mont Dirah compte une population de 1500 habitants répartie en 200 ménages.
Le taux de chômage y est estimé à 50% de la population active. A vocation exclusivement agropastorale, les terres revenant au douar englobent une superficie de 2000 ha où les céréales de subsistance prédominent ; puis, viennent de petites parcelles de nouvelles plantations fruitières composées principalement d’espèces rustiques.
Le cheptel ovin compte 300 têtes et le cheptel bovin en compte 100.
Les infrastructures existantes et les équipements ne répondent plus aux exigences d’une vie rurale en pleine mutation. Les pistes
endommagées par les hivers rigoureux sont toujours en l’état et se prêtent difficilement à la circulation tant les crevasses sont béantes.
Les écoliers qui dévalent chaque jour les pentes de Kef Ensoura et de Graten pour se rendre à l’école située à 3 ou 4 km de là connaissent le calvaire de la route qui n’est, en fait, qu’un sentier tracé dans les parcelles de blé et qui, six mois durant, ressemble à un véritable bourbier.
Pour les autres services (salle de soins, CEM, poste, alimentation générale, boulangerie,…), la bourgade de Lachbor-El Hamra dépend totalement d’une commune voisine, Maâmora, laquelle, non plus, ne brille pas par un développement particulier. Pour ce qui est du transport, il n’existe tout simplement pas. Pour se rendre au chef-lieu de commune (10km) ou au chef-lieu de daïra (Sour El Ghozlane, à 35 km ), il n’y a aucun moyen hormis l’auto-stop.
En matière d’habitat, le panorama nous renvoie une image digne du 19e siècle avec des masures et des gourbis vétustes et très précaires où la moyenne d’occupation par logement est proche de 10.
Des sources coulent un peu partout à la périphérie sans qu’elles soient aménagées(Aïn El Hamra, Aïn El Kahla…) ;une retenue hydraulique dont le terrain d’assiette a été désigné depuis plus de vingt ans à Merdjet Lakouass n’est pas prés de connaître son aboutissement. Alors, les habitants se rabattent sur les bêtes de somme pour transporter l’eau à partir de sources ou de puits situés à 4 ou 5 km pour l’usage domestique et pour abreuver leurs cheptels.
Les programmes de développement rural initiés par le gouvernement n’ont pas encore touché cette zone de la wilaya de Bouira, même si certains projets de proximité, dont les dossiers sont en instance d’étude, pourront toucher les espaces limitrophes de la zone.
En attendant une meilleure prise en charge de ses problèmes les plus cruciaux, Lachbor-El Hamra scrute le CW.12 pour voir d’éventuels agents de l’Etat lui rendre visite et annoncer des projets.
Amar Naït Messaoud
