Le portail s’ouvre, la fenêtre reçoit

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La porte blindée demeure close. Plus bas, la route goudronnée, qui mène vers le centre du village, grouille de voitures et de passants. Dès l’heure d’ouverture, les usagers affluent. Ce sont, pour la plupart, de vieilles personnes, des retraités ou des veuves de retraités, des fonctionnaires ou des agents de l’IAIG. Ce sont aussi des particuliers de tout âge.

Ils sont là, à attendre. A attendre que la vitre du guichet s’ouvre qui pour payer ses redevances, qui pour recevoir son dû, qui pour payer sa facture d’électricité, de gaz ou d’eau potable, qui pour retirer sa paie ou pour demander un nouvel avoir à l’unique guichet, l’unique terminal, pour un village qui avoisine les quatre mille habitants !

Il faudra bien être patient, le sourire des agents de la poste incitant à cela. Il faudra bien attendre son tour. Il faudra bien patienter, le petit paquet de billets bien enfoui dans la poche, à l’insu de tous, pour éviter l’impondérable.

Il faudra bien vérifier, sur le pas de cette poste, devant tout le monde, que la somme retirée est bien conforme au nombre de billets reçus, continuant sous les regards de tous de mouiller son index et de compter, parfois même recompter. Et quand la somme est importante… Que dire des handicapés qui n’ont pas trouvé l’oreille attentive pour satisfaire leurs doléances, une doléance simple : Un passage réservé pour les handicapés moteur ! Rien n’est fait pour eux.

Ils sont bien obligés de recourir à la gentillesse des présents pour remettre leur chèque et le faire encaisser ! Un handicapé a résumé la chose laconiquement : “Je suis dans l’obligation de faire savoir à tous combien je touche, de combien je dispose, combien je retire, combien je dépose.

Je n’ai plus aucun secret, aucune intimité à préserver tant que je dois demeurer sur le goudron, plus bas, ne pouvant gravir les escaliers et attendant la sollicitude des gens pour obtenir ce que à quoi j’ai droit. Est-ce justice ?” Et dire que la poste de Djemaâ Saharidj a, il n’y pas si longtemps, subi une visite qui a vidé ses caisses ! Que pourront faire leurs usagers qui seraient alors détroussés en plein public, devant une poste dont la porté blindée ne protège que ce qui est à l’intérieur. L’extérieur peut-il prétendre à la protection des lieux ! Pour l’heure, les services de sécurité continuent d’attendre l’autorisation adéquate pour assurer… la fonction qui est la leur, c’est-à-dire la sécurité des usagers.

Sofiane Mecherri

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