Les partis politiques, les multiples organisations de masses, les différents syndicats…ont condamné vigoureusement le récent double attentat qui a endeuillé l’Algérie.
Des imams et prêcheurs des différentes mosquées à travers le territoire national ont saisi, avant-hier, l’occasion du discours de la prière du vendredi pour condamner fermement les attentats perpétrés mardi dernier contre des innocents. Ils ont rappelé que « seul Dieu détient le droit de vie et de mort»et que «l’ assassinat est intolérable quel qu’en soit le mobile» etc. Enfin, on devrait attendre le bilan officiel de chaque carnage, de chaque tuerie…pour (se) rappeler la nécessité d’intervenir et de réagir, quoi que l’initiative est fort louable et est à saluer. A concevoir les choses sous une autre approche, qu’en est-il de la responsabilité de tout un chacun vis à vis de la société, de la patrie ? Et, cela du simple citoyen au président de la République, en passant par l’imam de la mosquée du coin, de l’instituteur, du policier garde communal,… jusqu’au ministre. Quelle graine sème-t-on instantanément sur cette noble terre arrosée par le sang d’un million et demi de martyrs, de la rive Nord jusqu‘au fin fond du désert. Le fait que l’humain soit amnésique, dans ce cas précis est préjudiciable à plus d’un titre pour tout un chacun et pour le simple citoyen, l’instituteur, l’imam, et, le ministre. Le calvaire innommable vécu par le peuple algérien sous le joug colonial n’est que lettre morte…
La teneur des discours prêchés çà et là et faisant la promotion de l’obscurantisme, favorisant l’intolérance, l’agressivité sous toutes ses formes a longtemps sévit et continue de trottiner dans les esprits. A des exceptions prés on sème à tout vent le bannissement de l’autre du matin au soir,par nos actes et paroles. Par ailleurs, la responsabilités des imams est pleinement engagée dès qu’il s’agit d’inculquer, de corriger la perception de l’autre à travers la religion. Le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs ne devrait-il pas revoir sa manière de gérer les mosquées, les zaouïas, utilisées à un autres dessein autre que le leur ?
Le ministre de l’Education nationale, après la rétraction relative à la suppression du module de l’éducation des programmes dispensés aux écoliers, ne devrait-il pas surveiller de très près la manière et la teneur des cours dispensés aux écoliers ? L’instituteur ne devrait-il pas s’efforcer à incarner une image modèle et régulatrice pour les chérubins ?
En outre, la prolifération d’associations à caractère religieux à travers les villages et douars de l’Algérie profonde tandis que les autres branches du mouvement associatif, sport, culture,… activités éducatives et de loisirs en générale, sont en état de léthargie, ne semble pas inquiéter ni les citoyens, ni les autorités publiques. En somme, on s’entête à vouloir trouver un pou sur la tête d’un chauve ! la culture de la médiocrité n’engendrera que la médiocrité, qui est par excellence l’échelon premier de la régression. Alors qu’il s’agit de fédérer les énergies pour asseoir les bases d’une dynamique sociale, autant que l’Algérie profonde recèle des potentialités humaines considérables ; on languit, on temporise, on réagit au lieu d’agir pour mettre un terme à la spirale infernale de la violence-sous toutes ses formes- qui gangrène l’Algérie. En attendant, les forces vives de la nation sont en déperdition et dislocation continues.
Ahmed Kessi
