Un Aïd… redouté !

l La communauté musulmane s’apprête à accueillir un événement religieux : l’Aïd El Adha qui intervient cette année pour les Algériens, dans un contexte social difficile : la dégradation du pouvoir d’achat et l’augmentation des prix des matières de consommation primaires ont fait que les citoyens redoutent ce genre de fête, lesquels, suite à l’obligation imposée par la circonstance sont contraints de dépenser un budget important pour l’achat du mouton et des habits pour enfants.

A El Esnam, tout comme probablement dans les autres régions, cette fête permet de lever la couverture aux différences sociales.

D’abord, il y a ceux appartenant à la première, aisée, catégorie qui, via ses événements, cherchent la majoration de l’estime en faisant dans la concurrence pour acquérir le plus gros mouton.

Ensuite, il y a la deuxième classe à revenus tout juste moyens : ceux-ci disent à qui veut bien les entendre que si n’était le désir de leurs enfants et l’envie d’effectuer la sunna, ils n’achèteraient jamais le bélier de l’Aïd.

Pour ce faire, ils s’adressent aux amis et aux connaissances pour s’endetter ou pour se procurer le mouton à crédit.

Quand à ceux à revenus insuffisants, ils n’ont d’autres alternatives que de se rendre chez les bouchers pour l’achat de quelques kilos de viande afin de faire « rayonner » la joie sur le visage de leurs chérubins. On conclut alors que l’Aïd n’est pas seulement fête, joie et plaisir, mais aussi une paradoxe sociale.

M. Ali