Les citoyens de Bouhinoun bloquent la route

C’est aux environs de huit heures du matin que la route a été barricadée à l’aide de pneus. Dans un accès de colère, les protestataires ont mis le feu à ces derniers. A notre arrivée, la grogne des protestataires ne s’était pas encore dissipée. « Ils (les autorités locales) nous ont promis de lancer des travaux de revêtement du tronçon routier défectueux, mais nous attendons toujours. Il ont dit que les travaux allaient être entamés cet après-midi même », nous confie un transporteur de Bouhinoun montrant sa voiture. Et d’enchaîner, en joignant le geste à la parole. « Ce n’est pas possible de rouler avec un véhicule 2007 (neuf) sur une route pareille !.  » L’indignation de ce transporteur est la même que celle des autres personnes présentes sur les lieux. Cette action de protestation est initiée principalement par des transporteur des localités de Bouhinoun et Aït Zmenzer, distantes respectivement de 5 et 10 kilomètres du chef-lieu de la wilaya de Tizi-Ouzou. « C’est normal que ce soient les transporteurs qui réagissent. Nous empruntons ce trajet plus de vingt fois par jour », déclare un autre transporteur mécontent.

Les autorités locales, en apprenant la nouvelle ont vite fait le déplacement sur place. Le maire de Tizi-Ouzou était parmi les responsables qui étaient sur les lieux afin de s’entretenir avec les transporteurs.

Les forces de sécurité ont aussi fait le déplacement afin d’intervenir en cas de débordement. Selon les citoyens interrogés à notre arrivée, le maire se serait engagé à entamer les travaux dés cet après-midi. Les citoyens dont la colère reste visible ont ajouté que « même à pied, il est difficile de traverser cette route quand il pleut ». Interrogés sur le recours à ce moyen extrême, nos interlocuteurs ont répondu : « Si ce n’était pas de cette manière, personne ne nous écouterait ».

L’année dernière, les citoyens avaient déjà protesté au sujet du même problème. Mais il n’y a pas eu de retour d’écoute de la part des autorités. Seront-ils entendus cette fois-ci ?

Aomar Mohellebi