En effet, un an après le séisme qui a ébranlé la région, le spectre d’une autre catastrophe plane toujours et la tristesse se lit grandement sur les visages des riverains qui, la peur au ventre, continuent de souffrir dans l’indifférence la plus totale.
Des habitations vétustes et menaçant ruine ne semblent inquiéter aucune instance autoritaire dans la mesure où les 8 000 âmes que compte la localité affrontent courageusement les caprices de la nature avec les maigres moyens de bord et tiennent tête rien que pour préserver leur terre ancestrale qui constitue désormais un trésor inestimable dont ils tirent leur pitance. “D’Idourar-ay d laâm iw” disait avec ??? un père de famille en reprenant une chanson de Lounès Matoub.
Les stigmates du dernier séisme qui a “ciblé” une population déjà en proie à une misère digne de celle des pays sous-développés où l’analphabétisme continue de tisser sa toile d’araignée sont omniprésents et rien n’a changé depuis cette date – “tragédie” où 5 personnes ont péri. Même les aides parachutées n’ont pas atterri là où il faut, et si certains ont eu leur salut grâce à une tierce personne, ce n’était que pour avoir droit à des objets éphémère, nous a déclaré l’une des victimes de la catastrophe et d’ajouter : Nous voulons un toit pour protéger nos enfants ! Pourquoi encore ces tentes affectées par Ould Abbès ?.
Ce terrible événement qui s’est produit pour rappel un certain 20 mars 2006, endeuillant une région entière à nu ; encore une fois,
l’inefficacité de la politique de gestion des catastrophes naturelles qui ne cessent d’entraîner émoi et consternation auprès des riverains qui ne savent plus où se mettre la tête pour demander réparation.
“Notre angoisse et grandiose et nous ne savons plus ce que nous réserve encore dame nature après le glissement de terrain des années 80, qui a enseveli la localité de Zentout et ce dernier séisme qui a ébranlé notre village”, nous a déclaré un autre citoyen. Selon les témoignages recueillis – à part l’aide à l’habitat rural accordée par l’Etat à tous les citoyens comme étant un droit -, aucune contribution de valeur à titre de dédommagement n’a été reçue ne serait-ce que pour atténuer un tant soit peu les souffrances des familles touchées et qui affichent leur grande inquiétude quant à leur avenir.
On n’a pas le droit de laisser la mort raser d’autres âmes !, lance à brûle-pourpoint un jeune père de famille complètement désespéré.
A quelques mètres, un vieillard qui nous regardait ne s’est pas fait prier pour tempêter : “Pendant les années de braises, c’est ici même que les héros de la révolution étaient généreusement couvés, Maintenant, El Mouradia couve… les zéros, et nous, on nous considère comme une peuplade de seconde zone”.
Reportage réalisé par Rabah Zerrouk
