La pollution menace la faune

L’indifférence, l’insouciance quasi généralisée de l’opinion par rapport aux menaces qui pèsent sur la faune, est aujourd’hui évidente plus particulièrement dans certains contrées de Kabylie, où les massifs forestiers sont relativement denses. Si les régions de Larbaâ Nath Irathen ne comptent pas de grandes forêts, il n’en demeure pas moins que sa faune reste relativement importante et variée. En effet, on y trouve de nombreuses espèces, même sauvages, les lièvres… tous vivent dans des zônes boisées et les rivières. Cependant, leur nombre a sensiblement diminué. Même topo chez les oiseaux dont on a démembré des dizaines d’espèces. Aujourd’hui, face à la dégradation de l’environnement, la nature est sérieusement ébranlée, si l’on ajoute aussi les incendies ravageurs chaque été causés par des mains sensées protéger l’ecosystème. La pollution des oueds, grâce à laquelle cette faune subsiste a fait également des ravages. Le déversement des eaux usées des usines et des ménages vers les rivières a été fatal pour ces animaux. « Les fosses septiques biodégradables sont les plus indiquées en Kabylie montagneuse « soutient un jeune écologiste, « car les réseaux d’assainissement de l’ensemble des villages sont déversés dans les cours d’eau en raison de l’absence précisément de station d’épuration », a-t-il encore précisé.

En effet, même sur le plan économique, assister les ménages financièrement pour la réalisation de fosses septiques biodégradables, est moins onéreux que les réseaux d’assainissement qui s’ étalent quelquefois sur des centaines de mètres linéaires. Ces dernières années, ils sont nombreux les riverains qui avouent avoir trouvé à plusieurs reprises des cadavres d’animaux dans leurs propriétés, les oueds et parfois sur les routes, sans doute infectés par les eaux polluées des cours d’eau. Mais, hélas ! les avis ne sont pas partagés par tout le monde sur cette situation. « Un paysan visiblement en boule contre les sangliers ayant ravagés ses cultures nous dira ceci » : On doit se soucier plutôt de notre santé et pas de celle les animaux sauvages ! » En tout état de cause, l’écosystème a sérieusement pris un coup depuis maintenant une décennie et ni la faune, ni la flore n’ont échappé au massacre de l’environnement.

S. K. S.