Béjaïa s’offre 16 établissement hospitaliers autonomes

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Fini l’ère des secteurs sanitaires. Le décret exécutif relatif à la création “organisation et fonctionnement des établissements de santé publique” est entré en vigueur en ce début de l’année 2008, comme prévu par les pouvoirs publics ayant mis en application une nouvelle carte sanitaire favorable à la réorganisation du système de santé à travers les 48 wilayas.

A l’instar du reste du pays, les responsables de la santé de la wilaya de Béjaïa ont instauré ce nouveau système par un découpage qui a effacé de la carte les cinq secteurs sanitaires existants pour laisser la place à 16 “nouveaux” établissements de santé répartis en trois vocations différentes. Il s’agit d’abord des 7 hôpitaux implantés dans les grandes villes, notamment à Béjaïa Akbou, Sidi Aïch, Amizour, Kherrata et Aokas, dorénavant appelés “Etablissements publics hospitaliers EPH”. Puis la nouveauté se situe au niveau des polycliniques, centre de santé et salles de soins qui représentaient jadis les sous-secteurs ou les secteurs périphériques. Le décret exécutif du 19 mai 2007 a d’abord détaché ces structures de l’administration centrale de l’hôpital pour les élèves au rang des établissements publics de soins de proximité EPSP. Ce nouveau découpage a attribué à la wilaya de Béjaïa 8 EPSP dont leurs directions respectives sont implantées au niveau des polycliniques d’Ihaddaden pour Béjaïa-ville et ses environs : El Kseur, Souk El Tenine, Sidi Aïch, Adekar, Tazmalt et Seddouk. Les responsables ont placé à la tête de chaque EPSP un médecin généraliste secondé par des administrateurs adjoints. La carte sanitaire de la wilaya de Béjaïa répond à une équation de 15 plus 1 en raison de la transformation de la clinique 64 lits de Targa Ouzemour en un établissement hospitalier spécialisé EHS. “Rendre à César ce qui lui appartient”, puisque cet établissement de gynécologie obstétrique est destiné à assurer la même fonction mais aura désormais sa propre administration et en dépendra plus de celle de l’hôpital Khellil-Amrane.

Outre la mission bien connue de cet unique EHS, la transformation des secteurs sanitaires veut définir de la manière la plus claire les établissements a vocation curatives (EPH) et préventive (EPSP). Aussi, ces changements opérés sont un moyen de décentralisation des polycliniques et autres salles de soins de leur structures mère, l’hôpital, dans l’objectif d’assurer à ces structures “secondaires” une gestion autonome et de proximité. Ce qui apportera par delà une dotation équitable en moyens humain et logistique et mettra fin à la marginalisation de ces centres de soins implantés en quasi-totalité dans les zones éparses et enclavées. Les EPH respireront mieux à leur tour de ce “divorce” du fait que leur administrations se limiteront à une gestion intra muros qui va certainement améliorer les prestations hospitalières. Le cas méritoire à citer est l’hôpital Frantz Fanon de la Haute-Ville dont l’âge dépasse un siècle. D’une capacité de 360 lits, cet EPH est le seul à assurer pour toute la wilaya certaines spécialités telles que la psychiatrie, la néphrologie, l’ophtalmologie, l’ORL et la maxillo-facial, sans compter bien sûr le service d’anatomo-pathologie qui est en phase d’achèvement. Ce butin de guerre nécessite un réaménagement de ses infrastructures pour lui donner un nouveau look à la valeur de sa dimension prestataire.

L’installation des gestionnaires à la tête des établissements nouvellement crées est déjà faite et tous les staffs de direction des 16 établissements s’attellent à mettre en place d’autres mécanismes qui accompagneront l’administration dans la gestion. Place donc aux élections des membres des conseils d’administration et médicaux au niveau de chaque établissement ainsi que le renouvellement de toutes les commissions paritaires et les sections syndicales.

Nadir Touati

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