Marche imposante de près de 3 000 lycéens

Ainsi, tout a été préparé par la coordination des représentants des élèves des trois lycées, d’autant plus que dès la rentrée des classes de nombreuses banderoles ont été déployées alors que sur les façades des murs d’enceinte d’autres affiches ont été collées.

« On veut un bac de qualité non de quantité », « Nous refusons d’être les cobayes d’un nouveau programme », ou « Pour ‘allégement des programmes », tels sont entre autres les différents slogans affichés et criés par les contestataires.

Au demeurant, la marche qui a commencé simultanément à partir des lycées « Ali Mellah » et « Saïd Hamdani », qui fait la jonction à quelques centaines de mètres plus loin pour se rencontrer au centre-ville, a traversé toute l’agglomération et a emprunté la route d’Alger pour rejoindre le « technicum », soit deux kilomètres avant de refaire le trajet avec les lycéens de ce dernier établissement. « Il y a longtemps que je n’ai pas vu un tel événement. C’est fabuleux car on ne voyait ça que dans les pays européens ou en Amérique à la télévision », nous lance un automobiliste.

En outre, l’intervention rapide des éléments de la sûreté de daïra qui ont non seulement surveillé mais également veillé aux grains depuis le début de la longue procession aux environs de 11 heures 30 a permis d’éviter des dérapages alors que certains « extras », jouant la surexcitation, pouvaient faire boule de neige mais sont au fur et à mesure repérés et sortis des rangs à la grande joie des élèves.

Néanmoins, cette manifestation de toutes les commissions de suivi de l’application des programmes scolaires au niveau des trois lycées avec la participation des représentants des élèves des trois niveaux semble ne pas avoir l’adhésion de ces derniers.

« Il y a eu toujours l’évaluation de l’application des programmes par nos professeurs mais ce n’est pas cela que nous voulons. Nous voulons qu’on nous dise. Voilà, vous avez ça, ça, ça et ça, point final », nous rétorquent en chœurs, un groupes de lycéennes.

Pour les enseignants, c’est une autre paire de manches car pour la majorité, s’il acceptent de siéger dans ces commissions cela ne veut pas dire qu’ils adhérent à la démarche de leur ministre.

« Tout d’abord, notre évaluation ne se fera pas sur la base d’un pourcentage à communiquer à la commission de wilaya mais nous allons communiquer en détail ce qui a été effectivement réalisé et c’est à elle de juger le pourcentage à donner », nous confient les professeurs qui ajoutent qu’ils attendent également de la commission de wilaya de leur communiquer son rapport et que c’est leur droit d’avoir un regard sur son travail. Il reste cependant, comme l’ont souligné nos interlocuteurs, à définir le rôle des inspecteurs de l’enseignement dans ce chamboulement.

Essaid N’Ait kaci