La fronde des lycéens continue

Partager

La colère des lycéens, qui s’inscrit dans la durée, semble quelque peu avoir donné ses fruits. Le poids de leur débrayage a donc pesé, ce qui a poussé le ministre de tutelle à donner des garanties que les lycéens veulent concrètes. Néanmoins, M. Benbouzid a fait part d’un arrêté ministériel ayant trait à l’organisation du bac, session 2008. Signé le 21 janvier dernier, l’arrêté confirme l’annulation pour la prochaine session de l’application de l’approche par compétences.

L’autre garantie concerne l’élaboration des sujets qui ne doivent être basés que sur les leçons effectivement dispensées. Benbouzid a tenu à rassurer les lycéens quant à la prise en charge de leurs préoccupations et à dissiper leurs inquiétudes en déclarant que les élèves « doivent se consacrer uniquement à la préparation sans retard à cet examen déterminant pour leur avenir et nous sommes ici pour accompagner et assister les candidats ».

En dépit de ces assurances marquées par un arrêté ministériel, les lycéens refusent de les prendre pour argent comptant en reprenant, hier, leur regroupement autour du siège du ministère de l’Education. Ils étaient environ 500 élèves de la terminale regroupant trois lycées d’Alger à avoir envahit le siège de leur tutelle. Ils ont été nombreux à scander des slogans hostiles au ministre. Quadrillés par un imposant dispositif de sécurité, ils ont crié leur colère et bloqué la circulation automobile avant que les CRS ne les encadrent sur un terrain vague servant de parking situé près de l’annexe de l’Education. Tel un effet boule de neige, le mouvement s’est propagé à quelques quartiers de la capitale.

El Mouradia, Hydra, Ben Aknoun, Didouche Mourad ont vécu le même scénario où les élèves des classes de terminale ont boudé les cours en se regroupant autour de leurs lycées respectifs et quadrillés par les forces de police. Par contre, d’autres classes de terminales de certains lycées comme ceux de Hassiba Ben Bouali et Hamia de Kouba sont rentrés en classe et ont suivi normalement leurs cours. Cette reprise des cours a été annoncée par les délégués à travers des communiqués et publié dans les journaux, hier, dans lesquels ils informent la reprise de la grève le 2 février prochain. Chose que n’avaient pas décidé les autres lycées précités qui ne comprennent pas ce manque de coordination.

Afin de rectifier le tir, certains délégués nous ont déclaré qu’ils entreront en contact avec les autres délégués qui ont appelé à la reprise des cours, hier, pour suivre le même mot d’ordre. En tout état de cause, ils affirment poursuivre le débrayage jusqu’à la satisfaction de leurs doléances.

Encouragés par la grève des enseignants qui avait paralysé les écoles le 15 janvier, les lycéens protestent contre la mise en oeuvre des nouveaux programmes pour les élèves préparant le baccalauréat.

Les élèves de terminale estiment que les nouveaux programmes sont surchargés et qu’ils n’auront pas le temps d’aborder tous les points du programme avant de se présenter aux examens du bac.

Ils craignent également que ces nouveaux programmes entraînent un taux d’échec supérieur lors de ces examens.

La colère des lycéens va crescendo et tout semble croire que les contestataires ne sont pas prêt à cesser leur action avant d’avoir gain de cause.

Nacer Ould Mammar

Partager