Ils sont décidés, plus que jamais, à se réapproprier leur avenir. Ils l’ont fait avec maturité. La grève enclenchée par les potaches ces derniers jours pour assurer un climat favorable à leur examen de baccalauréat constitue, de par sa symbolique de dynamisme de société, une leçon de maturité, de courage et de perspicacité. Ils sont jeunes, beaux, tranquilles et surtout conscients. Ils ont décidé de suivre un seul mot d’ordre, dans leur mouvement de protestation. Ces lycéens et lycéennes sont parvenus peu à peu à s’organiser et à s’entendre sur une revendication commune. Il s’agit de l’allégement des programmes en vue du baccalauréat 2008. En dépit de la suspicion à l’encontre de ces jeunes lycéens par les pouvoirs publics les jeunes lycéens ont prouvé leur maternité en désignant des délégués, au nombre de six, pour défendre leurs droits « légitimes ».
Par ce mouvement de protestation, « les victimes de la réforme », ont exprimé leur réelle angoisse et inquiétudes. Cette contestation qui dure depuis une dizaine de jours, et qui risque de perdurer, est également signe de « l’échec » de tout le système éducatif.
Ignorés et délaissés, ces « mineurs », tels qu’ils ont été qualifiés par le ministre de l’Education nationale, M. Benbouzid, appellent, toutefois, à un véritable «face à face» avec leur tutelle. Celle-ci demeure retranchée dans sa « coquille ». Ni dialogue, ni prise en chargepsycho-pédagogique. «L’Education,» juste la dénomination, mais sans application.
sensés être écouté, orientés par nos soi-disant « pédagogues », mais en vain, ils ont trouvé la rue, comme seul refuge, pour exprimer leurs ras-le-bol, car ils ne sont pas des « cobayes ». Face à cette situation critique et sensible, une véritable prise en charge de leurs doléances est plus qu’une utilité. Cela est même une obligation. Leur accorder de l’attention en ces moments de bouillonnement et de révolte, c’est faire preuve de maturité et de responsabilité, de la part des pouvoirs publics, notamment le ministère de l’Education !
Nabila Belbachir
